PRÉFACE
En vous remerciant de m’en avoir communiqué le manuscrit, je me permets de vous livrer quelques réflexions qui m’ont été suggérées par votre travail.
Le Panislamisme contre les nationalismes, telle est la thèse maîtresse de votre livre. C'est principalement ce qui m’a intéressé.
Etant moi-même un musulman d'Occident, je me suis fait une règle absolue de m’abstenir de toute critique ou de toute apologie de tel régime d’un pays musulman. Il ne m’appartient pas, comme occidental, de m'ériger en juge ou en donneur de conseils, mais de m'adresser aux seuls occidentaux pour leur montrer combien est déformée l'image qui leur est présentée de l’Islam, depuis les manuels scolaires jusqu’aux « médias », et combien les accusations portées contre l’Islam n'ont aucun fondement dans le message coranique, mais au contraire dans ses perversions historiques. Serait-il juste de récuser le message de Jésus en invoquant les Croisades et les Inquisitions, la Sainte-Alliance, Franco, ou les « Phalangistes » libanais, qui tous, pourtant, prétendaient « faire Christ-Roi » en pervertissant fondamentalement son message ?
L’important, pour qui n'entre pas dans l'avenir à reculons, les yeux fixés sur le passé, et multipliant les anathèmes, c’est de reconnaître en 1 autre ce qui dans sa foi, est pierre vive pour la construction du futur.
L’Islam, (comme la foi chrétienne ou la foi des grands prophètes juifs, au- delà de toutes les vicissitudes historiques du « constantinisme » ou du « sionisme », qui en sont la négation) est une composante irremplaçable de notre avenir.
Alors que le « nationalisme » appartient au passé, et surtout appartient au XIXe siècle européen (le siècle des « nationalités ») et aux colonialismes occidentaux, qui, pour démembrer la « Umma » musulmane, la grande communauté de la foi ouverte à tous les peuples et à leur culture, ont exporté le poison typiquement européen du nationalisme.
Il est significatif que les « pères fondateurs » du « nationalisme arabe », sont des chrétiens de formation occidentale. Comme vous 1 écrivez : « le souffle du nationalisme arabe vint de Paris », pour tenter d’endiguer le panislamisme, danger mortel pour les colonialistes, et auquel El Afghani avait donné une formidable impulsion.
Ce nationalisme, en terre d’Islam, est la victoire posthume du colonialisme européen, qui conduit les Musulmans à s’entredéchirer.
L’idée de « nation » est totalement étrangère a 1 Islam, dont la communauté n’est fondée sur aucun des mythes nationalistes de la race, de la terre, ou de cette « dangereuse alchimie de l’esprit », comme écrivait Paul Valéry, qui construit une histoire d’hier pour servir les visées d’aujourd’hui.
Mohammed n’a jamais prétendu fonder une religion nouvelle mais seulement « rappeler » à tous les peuples, au-delà des origines raciales, territoriales historiques, au-delà même de la diversité des cultures (juives gréco-romaine, chrétienne, iranienne, ou hindoue dont l’Islam accueillait les plus hautes créations) le message unique envoyé par Dieu à tous les Peuple, à travers leurs prophètes : celui de la « soumission » (Islam) a la volonté de Dieu, qui est le dénominateur commun de toutes les religions et de toutes es sagesses du monde.
Cette « ouverture », explique la fulgurante expansion de l’Islam, en un siécle, de l’Himalaya aux Pyrénées : ce n’était pas une conquête militaire mais un souffle libérateur qui passait sur les peuples se reconnaissant en cette foi simple et pure.
Il y eut, certes, des batailles contre les rois ou les féodaux des grandes civilisations alors décadentes : en Espagne, après une bataille à Rio Barbate près de l’actuel Gibraltar, contre les princes wisigoths, les Musulmans travsent en quelques mois la péninsule à peu près sans combat : les Chrétiens, traités en « hérétiques », priscillaniens, ou ariens, par des évêques fanatises les paysans soumis au servage féodal, et auxquels les Musulmans donnant enfin les terres qu’ils travaillent, acclament l’arrivant comme un libérateur.
Il en fut de même à peu près partout pour la première expansion de l’Islam.
C’est seulement en Inde, avec l’invasion turque de Mahmoud de Gazna ("vers l’an 1000), avec le déferlement des mongols de Gengis Khan (XVII siècle) et surtout de Tamerlan (1398) avec le sectarisme de certains empereurs moghols, comme Aurangzeb (XVII siècle), que Von peut parler de conquête militaire sanglante.
Il est utile de situer l’islamisation de l’Iran dans ce contexte, pour en finir avec le « complexe de Qaddissieh », exploité dans un esprit nationaliste, comme s’il s’agissait d’une victoire de l’Arabe contre l’Iranien.
L’expansion de l’Islam, au Moyen-Orient, n’a guère non plus comporté de batailles, et moins encore de batailles « nationales » ou « raciales » Les deux grands empires, les deux « superpuissances », en pleine décomposition a VIIe siècle, et qui régnaient sur la région, étaient l’Empire byzantin et 1 E pire perse des Sassanides. Ils s’épuisaient par des affrontements surtout travers des vassaux et des mercenaires (l’histoire des « superpuissances », à travers les siècles, présente de curieuses analogies : deux « superpuissance aujourd’hui ne veillent-elles pas à faire combattre entre eux les Européens jusqu’au dernier « euro-missile », et les Musulmans entre eux jusqu’au dernier « pétro-dollar » !).
A la grande époque de l’expansion de l’Islam, l’Empire romain utilisait des mercenaires arabes (les Ghassanides, convertis au christianisme « monophysite ») : l’empereur byzantin et ses vassaux arabes fut vaincu à la bataille du « Yarmouk », près du Jourdain, après quoi, presque sans coup férir, l’Islam se répandit, à la vitesse du vent, sur la Syrie, l’Egypte, le Maghreb, et jusqu’aux portes de Constantinople.
L’Empire iranien des Sassanides, en voie de désintégration à cause des rivalités des féodaux et de leur fronde contre le pouvoir central, utilisait, lui aussi, des mercenaires arabes : ceux de la dynastie des « Lakhmides » (chrétiens nestoriens).
Les Musulmans, du temps du Calife Abou Bakr, entrèrent sans difficulté à « Hira » (près de l’actuel Bassorah) dès 633, après quelques escarmouches avec les petits princes, la grande bataille de « Qaddissieh » (en 637) - qui se trouve d’ailleurs non pas à la frontière de l’actuel Irak et Iran, mais à celle de l’Irak et de l’Arabie Saoudite - contre le gros des troupes de l’Empereur sassanide Yezdegerd III et de ses alliés arabes (les Lakhmides) entraîna l’effondrement de l’Empire. Il ne livra plus, dès lors, que des combats en retraite jusqu’à Nihavend (642). La défaite même de Qaddissieh est significative : la supériorité technique de Yezdegerd était écrasante.
Il fut défait parce que ses troupes n’étaient pas motivées : le mazdéisme avait dégénéré, après le grand prophétisme de Zarathoustra, en religion d’Etat, sectaire et persécutrice. Les Chrétiens « lakhmides », en majorité « nestoriens » (c’est-à-dire « hérétiques », disciples de Nestorius, qui niait la divinité de Jésus et refusait donc à Marie le nom de « Mère de Dieu »), reconnaissaient aisément dans le message islamique une idée qui leur était fraternelle » Jésus, homme seulement, mais Messager de Dieu, prophète dont le Coran parle avec un très grand respect. Enfin les détachements arabes lakhmides de l’armée perse ne pouvaient avoir qu’un fragile attachement mercenaire.
Après la défaite de Yezdegerd, de ses féodaux indisciplinés, et de ses vas¬saux arabes, les peuples de Mésopotamie dont tous les historiens nous disent que « exploités financièrement et matériellement par les dirigeants, ils mani¬festaient une opposition grandissante » (1) se rallièrent en masse à Islam.
Vous avez incontestablement raison lorsque vous dénoncez, comme un mythe nationaliste dangereux, toutes tentatives de faire de Qaddissieh une bataille opposant les Arabes aux Perses. C’est une victoire de la foi musulmane contre des armées sans « guidance » spirituelle.
C’est avec des mythologies de ce genre que les sionistes israéliens essayent de justifier leurs annexions territoriales.
Je laisse de côté vos appréciations sur les régimes et les personnes, mais la défense de l’Islam me conduit à refuser, avec vous, les travestissements historiques de la mythologie nationaliste.
Une deuxième contribution historique de votre ouvrage, devrait être méditée par les Occidentaux, dont les calculs se sont invariablement révélés faux depuis le début de cette guerre, sur les ordinateurs de la C.I.A. « Les ordinateurs, (écrivez-vous) sont handicapés, le paramètre le plus important, celui de la foi, n’ayant pas de place dans leurs circuits ».
Je ne conçois pas du tout le « miracle » à votre manière : la victoire de l’un ou l’autre des belligérants n’est pas un horoscope inscrit dans le Coran, et Dieu n’intervient jamais de l’extérieur, par des « légions d’anges », (comme il est dit dans l’Evangile), pour sauver ceux qui le servent. A Valmy ni au Vietnam, où les peuples ont remporté des victoires contre les ennemis bien supérieurs par leurs techniques, il n’y eut nulle intervention « miraculeuse ». Ce qui est vrai, c’est que la foi s’est révélée toujours supérieure à la technique ou aux ordinateurs : une armée de mercenaires, ou une armée de métier, peuvent jouer entre elles une sorte de partie d’échecs, mais lorsqu’une armée de ce genre se heurte à un peuple, si puissante soit-elle par sa technique, elle est invariablement vaincue, au Vietnam, en Algérie, ou dans l’Iran du Chah. Et lorsque les experts ou les généraux mesurent les forces à partir de la « puissance de feu » ou de la « logistique », ils se trompent infailliblement. Parce qu’ils oublient que les armes, même les plus redoutables, sont maniées par des hommes, et que, lorsque quelque chose se casse dans la tête ou le cœur de ces hommes, les armes tombent de leurs mains.
Il en fut ainsi au Vietnam, en Algérie, à Téhéran devant les dérisoires « immortels » de la garde impériale.
Ce qui est en cause, j’en suis convaincu comme vous, c’est une conception du monde qui fait abstraction, en l’homme, de ce qui, en lui, est spécifiquement humain, c’est-à-dire divin.
L’actuelle résistance, au Liban, contre l’invasion sioniste (dont la supériorité technique est écrasante), en apporte une preuve nouvelle.
Aussi longtemps qu’on fera abstraction de cette dimension proprement humaine de l’homme : la foi, la transcendance, les ruptures et les possibles qu’elle porte en elle, rien ne sera intelligible pour nos politiciens, nos généraux, et nos journalistes, analphabètes de l’humain, ni dans cette guerre, ni dans aucun événement majeur du XXe siècle, et plus encore du XXIe.
Comme vous le voyez, même ne partageant pas toutes vos thèses, je vous suis reconnaissant d’avoir posé sur le nationalisme et sur la puissance de la foi, l’un des problèmes fondamentaux de notre époque.
Genève, le 15 mars 1985
Roger Garaudy
(1) Robert Mantran : « L’expansion musulmane » (P.V.F. Paris 1979) p. 190. De même : A. Christensen : « L’Iran sous les Sassanides, et arabes romains » ; et R. Devresse : « Arabes persans ».
Bismillâhi Al-Rahmâni Al-Rahimi
Je tiens d’abord et avant tout, à témoigner ma reconnaissance à mes amis suisses et français qui ont manifesté beaucoup d’intérêt au présent ouvrage, et bien qu’ils ne soient pas Musulmans, ont tenu à sa publication, se sont mobilisés en ce sens et leurs efforts ont été couronnés de succès.
Leur geste est, le moins qu’on puisse dire, un démenti jeté à la face de ceux qui dans l’ombre et à travers les siècles ont tissé le stéréotype de « l’Islam contre l’Occident ». L’Islam n’est en fait le monopole de personne et n’est dirigé que contre les arrogants, les exploiteurs et les pilleurs de tout bord, de toutes races, de toutes langues et de toutes classes.
L’Islam est une religion universelle, dont le but premier est d’instaurer la Paix ici-bas, raison pour laquelle l’unique salut du musulman est : Assalamou Aleikôm (Que la Paix soit sur vous). Paix dans son sens multi-dimensionnel : Paix sur l’homme dans ses rapports avec lui-même ; Paix sur l’homme dans ses rapports avec ses semblables ; Paix sur l’homme dans ses rapports avec son milieu écologique. Paix engendrant le respect, donc l’ordre ; car sans le respect de soi, de ses semblables et de son milieu écologique, il ne peut y avoir que du désordre sur la planète, et c’est hélas ce que nous vivons à nos jours.
C’est pourquoi le geste de mes amis suisses et français est aussi le symbole d’un grand espoir pour le futur de l’Homme ; futur basé sur le respect mutuel entre peuples, seul gage d’un vrai « Nouvel Ordre International ». Pour ma part, je tiens à le souligner, je considère ce geste comme un pas de plus dans la construction de ce « Nouvel Ordre ». Le chemin est long ; l’espoir et la volonté sont grands : c’est le plus important !
Introduction
Si l’on me demandait de résumer en une phrase le but que je me suis fixé en écrivant le présent ouvrage, je dirais que j’ai voulu répondre à des questions, sur la guerre qui oppose l’Irak à l’Iran, que beaucoup se posent et qui malheureusement restent sans réponses adéquates.
Cet ouvrage est avant tout un cri de la conscience d’un homme qui a parcouru le front et a pu mesurer l’étendue du désastre, de la désolation et de la souffrance. Un homme qui, au siècle de la technologie, du droit à l’information, des satellites de télécommunications, ..., a été secoué et abasourdi, sur place, par l’étendue de son ignorance à la découverte des réalités de la guerre.
Que de choses sont cachées ! Que de vérités sont détournées ! Que d’interrogations sont avortées ! Que de détails sont amplifiés ! Comment ? Pourquoi ?,..., Par qui ?
A toutes ces questions et à bien d’autres j’ai tenté de répondre en toute liberté, pleinement conscient des dangers auxquels je m’expose, n’ayant pour seul souci que l’accomplissement de mon devoir envers mon créateur.
Deux peuples musulmans s’entredéchirent depuis bientôt cinq ans. Pourquoi ? Pour qui ? Comment ? En tant que musulman, je me suis placé dans le contexte coranique pour comprendre, mais aussi, c’est un devoir en Islam, pour porter un jugement clair et net.
Le voile posé sur cette guerre, je me suis proposé de le lever dans cet ouvrage qui se subdivise en quatre parties, respectivement intitulées : Quand ? Qui ? Comment ? Pourquoi ?
- Quand ?
Concernant la date fixant le véritable début de la guerre, deux thèses s’affrontent : l’une irakienne, l’autre iranienne. Un chapitre est consacré à chaque thèse, le but étant de chercher où se trouve la vérité.
- Qui ?
La date du « crime » étant fixée, il s’agit de poursuivre l’analyse afin de désigner l’agresseur. Deux chapitres traitent respectivement de la marche vers la guerre et de son principal artisan.
- Comment ?
C’est la partie de la reconstitution du « crime ». Un « crime » bien particulier puisqu’il se perpétue depuis bientôt cinq ans et n’a encore pas pris fin.
Trois chapitres traitent respectivement de toutes les péripéties de la guerre depuis le jour de son déclenchement jusqu’à la fin de l’année 1984, de la logique irakienne, principalement dans le choix des objectifs, et enfin de la logique iranienne, principalement sur la façon dont elle est perçue par les organisations internationales et les médias.
- Pourquoi ?
Cinq chapitres traitent respectivement des origines historiques du conflit, des grands événements internationaux qui avaient précédé le déclenchement de la guerre, du rôle joué par des Etats tiers dès le début du conflit, de l’évolution des événements internationaux en relation avec ce conflit et enfin des « amis » des uns et des autres, en mettant l’accent sur leurs possibilités de jouer un rôle en faveur de l’un ou l’autre des deux belligérants.
Pour que le lecteur soit informé, j’ai surtout mis l’accent, dans la mesure du possible, sur les zones d’ombre de cette guerre qui, ne l’oublions pas, n’a encore pas pris fin, et par conséquent le champ d’investigations est limité.
Par ailleurs, mon principal souci a été d’apporter, d’une part, au lecteur non-musulman, une approche du problème qui lui permettrait de comprendre l’enjeu de cette guerre, d’autre part, au lecteur musulman, un outil lui permettant de placer cette guerre dans son contexte historique et donc de se situer par rapport à elle.
Incontestablement, un immense vide empêche le non-musulman de comprendre et le musulman de se situer ; le présent ouvrage n’a pas la prétention de combler ce vide, mais s’il réussit à faire prendre conscience au lecteur de ce fait, son but serait amplement atteint.
Première Partie
Quand ?
Chapitre Premier la Thèse du Gouvernement Irakien
Le 4 septembre 1980
Un ouvrage intitulé Le Conflit Irako-Iramen, a été « publie à Paris, simultanément en arabe, français et anglais » (1) en 1981, disant « inaugurer une collection préparée par l’Institut d’Etudes et de Recherches des Editions du Monde Arabe » (1). Ses auteurs, Messieurs Firzli Nicola, Khoury Nassim e Dib Elias, sans la moindre analyse, ni la moindre vérification, nous Précisent à la page 35 que « l’agression iranienne, du 4 septembre 1980, marqua véritable début de la guerre entre les deux pays », pourtant, insistent-ils, « la préoccupation majeure » (1) est de « présenter au lecteur les faits tels qu ils se sont déroulés, sans les déformer » (1) pour « voir s’édifier progressivement un monde plus juste... » (1). Étant donné que cet ouvrage soutient sans preuves la thèse irakienne, nous n’allons quand même pas l’ecarter, bien contraire, nous nous en servirons comme document de base pour vérifier thèses antagonistes des Gouvernements irako-iraniens.
Comment le Gouvernement irakien a-t-il défini les événements du 4 septembre ?
Dans le rapport du ministère des Affaires étrangères de la République d’Irak, on peut lire : « Pour la période allant de juin à septembre 1980 les Iraniens ont commis 187 violations et opérations militaires au-delà des frontières iraniennes contre des villes et villages peuplés, des routes et des postes-frontière... Le 4 septembre a marqué un tournant dangereux dans cette série violations » (2). Bien qu’au début du conflit le Gouvernement irakien n’ait parlé que « d’un tournant dangereux », sa position évolua au fil des jours pour finalement fixer la date du 4 septembre 1980 comme début de la guerre ». Nous allons donc nous proposer, dans ce chapitre, de vérifier sa thèse.
(1) p. 9 B1 (voir Bibliographie de référence)
(2) P. 11. B2 Déclaration du Ministre des Affaires d’Irak devant l’Assemlée Générale de l’Organisation des Nations Unies le 3 octobre 1980. (Voir également : p. 60. B2).