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La grande histoire des civilisations de la Mesopotamie a la Perse


Nivîskar : Jacques Bersani
Weşan : Encyclopaedia Universalis Tarîx & Cîh : 1999, Paris
Pêşgotin : Rûpel : 382
Wergêr : ISBN : 2-7028-3080-3
Ziman : FransizîEbad : 165x245 mm
Hejmara FIKP : Liv. Fre. Ber. Civ. N° 5199Mijar : Giştî

La grande histoire des civilisations de la Mesopotamie a la Perse

La grande histoire des civilisations de la Mesopotamie a la Perse

Jacques Bersani

Encyclopædia Universalis

« L’Asie interieure », cet espace qui englobe l’Irak et l’Iran, mais autour duquel gravitent la Turquie, Israël, la Syrie et le Liban est le berceau de l’une des civilisations les plus anciennes. C’est là, en effet, que dès le VIe millénaire apparaissent deux pôles essentiels : la Mésopotamie et la Perse. Tout au long d’une histoire que scandent la grandeur et le déclin des diverses puissances, l’empire assyrien cède donc la place à la toute-puissante Perse jusqu’à l’irruption des conquérants arabes au VIL' siècle. Plus en marge, dans le même temps, d’autres peuples jouent leur carte... gravant leur marque dans le sillon des grandes civilisations. Sumériens, Akkadiens, Araméens, Scythes, Mèdes, Hittites, Hébreux, Phéniciens, Syriens, chacun enrichit de son apport l’édifice des hauts lieux de la civilisation.

Avec la collaboration de Pierre Amiet Daniel Arnaud R. D. Barnett Hélène Benichou-Safar Dominique Beyer Jean Bottéro Guillaume Cardascia Vadime Elisseeff Abdel Majid Ennabli Jean-Daniel Forest Roman Ghirshman Philippe Gignoux Jean-Louis Huot Guy Jucquois René Labat Gilbert Lafforgue René Largement Jean-Claude Margueron Jean de Menasce Mohammad Djafar Moïnfar Gérard Nahon André Parrot Paul Petit Gilbert Picard Maurice Vieyra Ernest Will


Table des matières

Chapitre I
La Mésopotamie ancienne / 11
Introduction, Jean-Louis Huot / 12
L'Écriture cunéiforme, Daniel Arnaud / 27
Sumer André Parrot / 35
Akkad, Gilbert Lafforgue / 45
L'Assyrie, Gilbert Lafforgue, Guillaume Cardascia / 53
Babylone, Gilbert Lafforgue, Guillaume Cardascia / 78
La Religion assyro-babylonienne, René Largement / 97
La Littérature assyro-babylonienne, René Labat / 110
Les Araméens, R.D. Bamett / 122
Les Scythes, Vadime Elisseeff / 127

Pièces jointes
Hammourabi, Guillaume Cardascia / 138
Nabuchodonosor II, Guillaume Cardascia / 139
Écritures et traditions, Jean Bottéro / 141
Culte officiel et culte sacramentel, Jean Bottéro / 145
Gilgamesh, Jean-Daniel Forest / 149

Chapitre II
Les Hittites, Maurice Vieyra / 153
Pièce jointe
La Glyptique dans le monde hittite, Dominique Beyer / 172

Chapitre III
Les Hébreux, Gérard Nahon / 175

Chapitre IV
Les Phéniciens, Paul Petit, Hélène Benichou-Safar / 205
Pièce jointe
Carthage, Gilbert-Charles Picard, Abdel Majid Ennabli / 221

Chapitre V
La Syrie, Jean-Claude Margueron / 234
Pièces jointes
Mari, Jean-Claude Margueron / 255
Ugarit, René Largement / 266

Chapitre VI
La Perse
Histoire, Philippe Gignoux / 272
Langues et littératures, Mohammad Djafar Moïnfar, Jean de Menasce / 286
Les arts, Pierre Amiet, Ernest Will / 294

Pièces jointes
Les Mêdes, Roman Ghirshman / 334
Les Achéménides, Gilbert Lafforgue / 341
Les Parthes, Philippe Gignoux, Guy Jucquois / 346
Les Sassanides, Philippe Gignoux / 355
Le Zoroastrisme, Jean de Menasce / 359

Bibliographie / 369

Index / 373


AVANT-PROPOS

Dans sa conception d'ensemble tout comme dans l'organisation des différents volumes qui la composent, La Grande Histoire des civilisations s'inspire de la démarche adoptée par Fernand Braudel dans son ouvrage doublement classique (il était destiné à un usage scolaire, il est devenu une référence obligée), La Grammaire des civilisations. Nous nous sommes en effet fixé pour principe, d'où le titre même de la collection, de rendre à l'histoire, si l'on peut dire, chaque civilisation envisagée.

Sans doute les civilisations, plus que toute autre réalité collective, ont-elles pour principale caractéristique de rester fidèles à elles-mêmes dans la durée ; elles n'en connaissent pas moins, comme tout ce qui vit, le changement. Leur existence est faite de progrès et de déclins, de crises et de réveils. Il en va, toutes proportions gardées, comme d'une représentation théâtrale où la toile de fond demeurerait immuable tandis que, sur le devant de la scène, ne cesseraient de se succéder les péripéties et de se modifier les éclairages.

Cette comparaison, qui pourrait paraître un peu far-fetched (en français de tous les jours : tirée par les cheveux), s'applique particulièrement bien au présent volume. « De la Mésopotamie à la Perse » doit s'entendre tout d'abord d'un vaste balayage à travers l'espace : d'ouest en est, de l'Irak à l'Iran actuels. La « toile de fond », à vrai dire, est plus vaste encore : si l'on s'en tient à notre géographie politique contemporaine, elle s'étend à l'ouest jusqu'à la Turquie, descend vers le sud jusqu'en Israël via la Syrie et le Liban, sans compter d'autres prolongements plus au nord et surtout plus à l'est. Les spécialistes de ce qu'il est désormais convenu de nommer « le Proche-Orient ancien » parlent quelquefois, d'une façon plus imagée, de l'« Asie antérieure ».

Ce balayage dans l'espace correspond aussi, pour l'essentiel, à un balayage dans le temps ; après la Mésopotamie, la Perse. Comme si souvent dans l'histoire, un astre se meurt quand un autre se lève, parce qu'un autre se lève. L'événement qui vit s'effondrer l'Assyrie et s'épanouir la Perse fut assez brutal: il se situe vers la fin du vne siècle avant J.-C. La civilisation mésopotamienne, vieille de plusieurs millénaires, était frappée à mort, même si elle devait survivre en Babylonie pendant encore près de six cents ans.

Mais bien d'autres péripéties avaient précédé, sinon préparé, ce dénouement. S'en tenir aux Assyro-Babyloniens et aux Perses serait simplifier à l'excès une histoire étonnamment complexe. Qu'il s'agisse de migrations ou d'invasions, d'autres ethnies, d'autres peuples interviennent, rarement d'une façon pacifique. Même si apparaissent entre eux bien des points communs (les échanges, par terre mais aussi par mer, ont toujours été très intenses dans cette région du globe), ils possèdent les uns et les autres des coutumes, des croyances qui leur sont propres et qui forment autant de civilisations ou de traits de civilisation distincts sur lesquels les recherches en cours ne cessent d'apporter des informations nouvelles. D'où le plan, nécessairement fragmenté, de cet ouvrage.

Premier chapitre, premier bloc. Ou plutôt premier ensemble, car rien ne possède ici la cohérence et la compacité relatives auxquelles une histoire plus récente nous a habitués. De Sumer, au tout début du IIIe millénaire, jusqu'au triomphe des Mèdes, en 610 avant notre ère, voici, au fil du temps, la Mésopotamie. Les « pièces jointes » qui accompagnent ce premier chapitre, ainsi que le tout dernier du livre, sont autant de coups de projecteur donnés sur tel ou tel sujet ou tel ou tel aspect qui ont paru demander un examen plus approfondi, en complément ou en prolongement de l'étude principale.

Le deuxième chapitre fait un sort particulier et mérité à un peuple d'origine indo-européenne, les Hittites, dont l'existence ne fut découverte que très tardivement par les historiens et qui joua, face à l'Égypte et à l'Assyrie, un rôle de tout premier plan. Autres acteurs, autres chapitres: conçues dans le même esprit, deux autres monographies traitent successivement des Hébreux (chap. m), des Phéniciens (chap. iv) et de la Syrie (chap. v).
Le sixième et dernier chapitre est consacré à la Perse ancienne, c'est-à-dire à la Perse jusqu'à l'arrivée, vers les années 640-650, des envahisseurs arabes. C'est là le second bloc, le second grand pilier sur lequel repose ce livre à l'architecture foisonnante et contrastée, à la mesure de la geste tumultueuse qu'il retrace.

Jacques Bersani
Directeur de collection

N.B.: L'éditeur tient à remercier Pierre Garrigue, doyen honoraire de l'Inspection générale d'histoire et de géographie, pour son amicale assis¬tance et ses très précieux conseils.

Chapitre I

La Mésopotamie Ancienne

Beaucoup plus encore que pour la civilisation égyptienne, c'est son écriture qui a fait que la civilisation mésopotamienne est venue, ou plus exactement revenue, jusqu'à nous. Vers le milieu du XIXe siècle, un grand archéologue anglais estimait qu'une caisse de trois pieds de côté aurait suffi à contenir, vingt ans plus tôt, tout ce qui restait non seulement de Ninive, mais de Babylone elle-même. Ce qu'omettait de préciser Henri Austen Layard, parce qu'il s'agissait pour lui d'une évidence, c'est le contenu de la caisse : essentiellement des tablettes. Des tablettes qui, telle la fameuse mâchoire de Cuvier ou la non moins célèbre madeleine de Proust, allaient permettre, grâce aux efforts conjugués d'épigraphistes héroïques, de reconstituer - sites, statues, fresques, armes et bijoux - tout un passé disparu.

Même s'il est loin d’avoir encore livré tous ses mystères, ce passé se laisse aujourd’hui décrire d'une façon relativement continue, du règne de Sargon à Nabuchodonosor. À ceci près que l'organisation politique en cités-Etats ou en États-cités (qui n'ont rien à voir - est-il besoin de le souligner ? - avec ce que sera plus tard la cité grecque), les conflits, les renversements d'alliance, le flux et le reflux incessant des mouvements ethniques obligent, à maintes reprises, à rompre avec la linéarité du récit. Si fort est quelquefois le brouillage, comme l'on dit pour la radio ou la télévision, qu'il arrive à tel ou tel historien de parler en désespoir de cause (c'est notamment le cas pour les trois derniers siècles du IIe millénaire) d'un « temps de la confusion ». Et l'on se condamnerait à ne rien comprendre au sujet si l'on oubliait, par exemple, que Ninive et Babylone se développent dans le temps d'une manière à peu près parallèle ou que deux langues et à travers elles deux peuples, le sumérien et l'akkadienr loin de s'affronter, coexistent paisiblement par le biais de la même écriture. Parallélisme encore, mais à une échelle beaucoup plus vaste : celui qui exista sur tant de siècles, indépendamment des relations qui furent à tel ou tel moment les leurs, entre la Mésopotamie et l'Êgypte. Lorsqu'un spécialiste réputé, à l'érudition par ailleurs irréprochable, soutient, dans une formule qui a fait mouche, que « l'histoire commence à Sumer », est-il saisi par l'enthousiasme... ou bien tenté par l'humour ? Il en va de l’histoire des hommes en général comme de celle de la science en particulier. La même découverte …


Jacques Bersani

La grande histoire des civilisations
De la Mesopotamie a la Perse

Encyclopædia Universalis

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La grande histoire des civilisations
De la Mesopotamie a la Perse
Avec la collaboration de :
Pierre Amiet, Daniel Arnaud, R. D. Barnett, Hélène Benichou-Safar,
Dominique Beyer, Jean Bottéro, Guillaume Cardascia, Vadime Elisseeff,
Abdel Majid Ennabli, Jean-Daniel Forest, Roman Ghirshman,
Philippe Gignoux, Jean-Louis Huot, Guy Jucquois, René Labat,
Gilbert Lafforgue, René Largement, Jean-Claude Margueron,
Jean de Menasce, Mohammad Djafar Moïnfar,
Gérard Nahon, André Parrot, Paul Petit, Gilbert Picard,
Maurice Vieyra, Ernest Will.

© Encyclopædia Universalis et Grand Livre du Mois ; fferis ; 1999

Le présent volume, achevé d'imprimer en janvier 1999
sur papier Libris 70 g des papeteries Arjo Wiggins
et couché sans bois Périgord contrasté demi-mat 115 g des papeteries Condat,
a été imprimé par Maury à Manchecourt.

Imprimé en France

Édition exclusivement réservée aux adhérents du Club
Le Grand Livre du Mois
15, rue des Sablons
75116 Paris
Réalisée avec l'aimable autorisation des éditions Encyclopædia Universalis

Dépôt légal : janvier 1999
N° d'imprimeur : 68010G
I.S.B.N. 2-7028-3080-3



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