Pirtûkxaneya dîjîtal a kurdî (BNK)
Retour au resultats
Imprimer cette page

Assyrie Chrétienne


Nivîskar : Jean-Maurice Fiey
Weşan : Imprimerie Catholique Tarîx & Cîh : 1965, Byrouth
Pêşgotin : Rûpel : 322
Wergêr : ISBN :
Ziman : FransizîEbad : 165x235 mm
Hejmara FIKP : Liv. Fre. Fie. Ass. N° 773Mijar : Ol

Assyrie Chrétienne

Assyrie Chrétienne

Jean-Maurice Fiey

Imprimerie Catholique

Au fond, est-il tellement exact d’appeler Assyrie la région qui va être étudiée ici ? Quelles qu’aient été les limites de l’Assyrie assyrienne (1), il semble que l’Assyrie chrétienne, la région appelée Àtôr par les auteurs syriaques, ait à une certaine époque couvert les territoires des trois éparchies métropolitaines du Bét Garmaï, de l’Adiabène et du Bét ‘Arabâyé (2). En ce sens, le titre de cette étude devrait plutôt être : la Grande Adiabène.
Cependant, le titre peut se justifier par un passage de Théodoret de Cyr. Celui-ci, écrivant au moment même où l’organisation de cette partie de l’Église Orientale vient d’entrer en vigueur, établit l’équivalence entre Assyrie et Grande Adiabène. L’Assyrie, dit-il (3), est «l’extrémité occidentale du royaume perse, plus tard appelée Adiabène».
.....


Table des Matières

Du Volume I

Liminaire / 9

Avant-Propos : Methodes et Sources : A la Recherche des Anciens Couvents / 11

Premiere Partie
Adiabène

Le Cadre Geographique / 37

I. Erbil / 39

II. La Plaine Du Tigre
1 — La route ouest / 98
2 — Dair Barqânâ et le Couvent de Pisé / 100
3 — Hadïta / 103
4 — Estreniya / 115
5 — Al Bawâzïg / 115
6 — Le couvent de Margâna / 123
7 — Le village de Zînaï / 124

III. La Vallée d’Entre-Deux
1 — Les montagnes de Zînaï et de Zämir / 125
2 — La montagne du Hân / 129
3 — Bét Qôqâ / 130
4 — Le monastère de Mâr Abraham de Natpar ou de Mâr Job le Persan / 157
5 — Le monastère de Bét Nestôrus / 162
6 — Dérké Ariân / 163
7 — Quplâna / 164

IV. Les Hautes Terres de Hazza / 165
1 — Hazza / 166
2 — ‘Aïnkâwa / 167
3 — Bét Sayyâdé / 173
4 — Kafar ‘Üzaïl / 174
5 — Le couvent de Mâr Mihâ’ïl de Tar'ïl / 176
6 — La Route du Roi et le Pont du Roi / 180
7 — Altyn Küprü / 183
8 — Environs du Petit Zab / 185
9 — Varia / 187

V. La Montagne d’Adiabene / 191
1 — Le couvent de Mâr Yônân l’esclave / 192
2 — Le couvent de Gaşş / 194
3 — Le couvent d’Îsô'sawrân / 196
4 — Le diocèse de Hewtôn / 198
5 — « Cheptiane / 201
6 — Encore Mâr Qardâg / 205
7 — Le couvent des Frères de la Sapespa / 206
8 — Le couvent de Mâr Guôrguïs / 207
9 — Le diocèse de Hnïta / 208
10 — Le diocèse de Ma'alta du Zab / 213
11 — Le couvent de Bar Sabta / 215
12 — Le Bét Kartwâyé / 216

VI. Miettes

Deuxieme Partie
Marga

VII. Generalites / 225

VIII. Marga Est
1 — Bét ‘Àwé / 236
2 — La Sapespa / 248
3 — ‘Aqra / 264
4 — De ‘Aqra au Grand Zab / 267
5 — Le centre de Marga est / 268
6 — Le couvent de Bar ‘Éta / 269

IX. Marga Ouest, ou le District de Birta
1 — Birta / 284
2 — B. Qardâg / 285
3 — Le monastère de Mâr Guôrguïs / 287
4 — Telia / 287
5 — Billa / 288
6 — Süq al Ahad / 290
7 — Bâ Sapré / 291
8 — Qûb / 292
9 — Kânifalla / 293
10 — Vestiges divers / 294
11 — Le couvent de R. Cyprien / 296
12 — La région d’AtrüS / 300

X. Nahla / 304

XI. Talana / 310
1 — Tallânîta / 311
2 — ‘Âtüş / 311
3 — ‘Eşşân / 312
4 — Àrgen / 313
5 — Sawra / 313
6 — Mézé / 314
7 — Hordepné / 315
8 — B. Bôzaï / 318

Cartes
1 — Assyrie chrétienne, carte générale
2 — Adiabène (ch. I à VI)
3 — Marga (ch. VII à XI)

Illustrations
1 — Kânifalla, une page du ms. du prêtre David de Bar- zâné (1867). (V. p. 294.)


LIMINAIRE

Au fond, est-il tellement exact d’appeler Assyrie la région qui va être étudiée ici ? Quelles qu’aient été les limites de l’Assyrie assyrienne (1), il semble que l’Assyrie chrétienne, la région appelée Àtôr par les auteurs syriaques, ait à une certaine époque couvert les territoires des trois éparchies métropolitaines du Bét Garmaï, de l’Adiabène et du Bét ‘Arabâyé (2). En ce sens, le titre de cette étude devrait plutôt être : la Grande Adiabène.

Cependant, le titre peut se justifier par un passage de Théodoret de Cyr. Celui-ci, écrivant au moment même où l’organisation de cette partie de l’Église Orientale vient d’entrer en vigueur, établit l’équivalence entre Assyrie et Grande Adiabène. L’Assyrie, dit-il (3), est «l’extrémité occidentale du royaume perse, plus tard appelée Adiabène».

En fait, je ne pourrai pas couvrir la totalité de cette Assyrie chrétienne du Ve siècle, car je ne m’aventurerai guère hors de la plaine, sans pénétrer trop avant dans les montagnes d’Adiabène et du Bâ Nühadra. Au sud, je ne descendrai pas plus bas que le Petit Zab, limite entre l’Adiabène et le Bét Garmaï (4). A l’ouest, je ne dépasserai guère le Tigre, au-delà duquel s’étendait le désert des Arabes, le B. ‘Arabâyé.

Mais, autant que les limites géographiques du travail, ce sont les limites méthodologiques que je lui fixe volontairement que je voudrais préciser le plus clairement possible, pour éviter les malentendus et les désillusions. Mon seul but est de tenter une première reconstitution de la mosaïque géographico-historique du nord de l’Iraq chrétien. J’insiste sur le mot : mosaïque, car je ne prétends pas brosser une fresque. Àtôr n’est qu’une partie de la grande Église Syrienne, orientale ou occidentale, et les synthèses d’ensemble pourront venir plus tard. On a trop souvent l’impression que, faute d’une première mise en ordre analytique des détails de base, les raccourcis et les vulgarisations qu’on rencontre parfois ne peuvent être que trop rapides et prématurés. Combien de fois, en lisant de telles tentatives, ne vient pas à l’esprit (peut-être par présomption !) le dicton anglais : « A bull in a china shop. »

Je m’en tiens donc délibérément à l’analyse, au petit détail, parce que je crois qu’il est trop tôt pour présenter autre chose qu’un paquet de fiches, si possible vérifiées sur place, et timidiment organisées. « Sutor ne supra crepidam », disait le peintre; je serai satisfait si j’ai pu faire mieux connaître à ceux qui aiment les Églises Orientales et tout ce qui les concerne ce petit coin où j’ai le privilège de vivre depuis si longtemps, auquel m’ont initié avec amour des maîtres comme le R.P. Raymond Marie Tonneau, o.p., ou comme Sa Béatitude Mgr Paul II Cheikho, Patriarche Chaldéen de Babylone, quand il était directeur du Séminaire Patriarcal, alors à Mossoul, ou évêque à ‘Aqra. Dieu m’a accordé le temps d’effectuer une partie du travail dont ils rêvaient et que leurs autres travaux plus importants ne leur ont pas permis de faire eux- mêmes. Qu’ils veulent bien excuser les défauts de mon œuvre ; les limites sont miennes, mais l’esprit est le leur.

(1) Si l’on en croit un ouvrage tel que L'Atlas de la Bible, du P. Luc H. Grollenberg (éd. française, Elsevier, Paris-Bruxelles, 1955) carte n° 18, p. 80, l’Assyrie originelle, celle d’Assur Uballit, vers 1340 av. J.-C., couvrait à peu près ce que les chrétiens appelleront «Àtôr».

(2) Tarifa Kaldü wa Àtûr (Histoire de la Chaldée et de l'Assyrie), en arabe, par Mgr Addaï Scher, 2° vol., Beyrouth 1913, préface p. 12-13.

(3) Histoire Religieuse, P.G., LXXXII, col. 1306. Après PLINE, Hist. Hat., V, XIII, éd. Littré, t. 1/1865, p. 220, et Ammien Marcellin, XXIII-VI.

(4) Le patriarche Élie VII met déjà le B. Garmaï (Couvent d’Ézéchiel et de Jahmasgard) en Babylonie. Cf. Samuel Giamil, Genuinae Relations inter Sedem Apos- tolicam et Assyriorum Orientalium seu Chaldaeorun Ecclesiam, Rome, 1902, p. 108.

Avant-Propos

Méthodes et Sources :
A la Recherche Des Anciens Monastères

Une grande partie de ce travail concernera les monastères. Ceux- ci en effet occupent dans les sources une place proportionnée au rôle qu’ils ont joué dans la vie des chrétientés d’Assyrie. Pour éviter les redites et aider à situer les détails dans leur contexte, il n’est peut-être pas inutile de consacrer cet avant-propos aux méthodes qui permettent de retrouver ces couvents, et aux textes qui en parlent. Quelques mots d’appréciation à propos de la valeur historique de ces sources aidera à les juger.

Je le précise tout de suite (1), il ne s’agira pas ici d’une introduction à l’étude du monachisme mésopotamien. Les problèmes de ses origines, de ses relations avec la Thébaïde, de l’historicité de sa filiation par rapport à Mâr Awgin, les dates historiques de son apparition dans les différentes régions, la chronologie des vagues successives de fondations, les règles des moines et leurs réformes, tout cela devra rester en dehors du présent essai. Cet avant-propos se limitera à quelques notes de méthodologie, préparatoires à l’étude de la géographie historique monastique du Nord de l’Iraq.

Terminologie

Quant à la terminologie qui sera employée, en parlant de maisons religieuses d’hommes je ne ferai pas de distinction entre « couvent » et « monastère », pas plus que le chaldéen ne semble en faire entre daira (2) et ‘omra. Quand je parlerai de maisons religieuses de femmes, j’emploierai toujours le mot de « couvent », car il n’y a pas dans notre région de « monastères » fermés, renfermant des « moniales » plus ou moins cloîtrées.

Pour les hommes, si l’on s’en tenait au sens étymologique, il fau-drait employer le mot couvent pour désigner cette partie seulement de l’ensemble religieux où les frères vivent en commun. Couvent, au sens strict, est synonyme de convict (coenobion) et ses habitants sont des cénobites (le chaldéen emprunte au grec le terme : qnobâya), c’est-à- dire des religieux de vie commune. Dans le coenobion oriental ancien, les religieux menaient la vie ascétique, premier stade de la vie religieuse, ou comme le dit le syriaque, ils « travaillaient », c’est-à-dire s’exerçaient (3).

Le nom de monastère, au contraire, au sens originel, indiquerait un lieu où l’on vit seul. Son habitant s’appelle moine (monachos), en chaldéen ihidâya, celui qui vit seul, solitaire. Dans ce sens, le moine serait l’équivalent de l’anachorète (qui se retire à l’écart) ou de l’ermite, au sens moderne du mot qui a un peu oublié sa relation avec le désert (érémos), et le monastère équivaudrait à un ermitage, une « solitude ». Autour des « couvents » syriens il y avait en fait des « ermitages » (les monasteria d’Éthérie), grottes creusées dans le roc ou huttes construites. Mais employer le mot « monastère » au sens étymologique serait causer des confusions. On se tiendra donc à l’acception courante. « Couvent » et « monastère » auront ici exactement le même sens, désignant à la fois le bâtiment de vie commune et les dépendances individuelles plus ou moins éloignées du centre (4).

…..

(1) Je reproduis ici, en les complétant, des notes de méthodologie publiées dans la revue Proche-Orient Chrétien, des Pères Blancs de Jérusalem, juin 1959, p. 1-12.

(2) Arabe Dair, ou Dayr, cf. E.I., 11/1961, p. 200-202, par D. SOURDEL.

(3) Pour les équivalences grecques et latines, voir A. J. FESTUGIERE, Les moines d'Orient, t. I, Culture ou sainteté, introduction au monachisme oriental, Paris, le Cerf, 1961, passim.

(4) Pour les finesses de vocabulaire, surtout à propos des débuts du monachisme, cf. Bertold Spuler, Die Nestorianische Kirche, dans Handbuch der Orientalistik (Ire série, t. VIII, 2e section : religion ; Brill, 1961), p. 127-128, avec réf. à E. Beck, Ein Beitrag …


Jean-Maurice Fiey

Assyrie Chrétienne

Imprimerie Catholique

Imprimerie Catholique
Assyrie Chrétienne
Contribution à l’Etude de l’Histoire et de la Géographie
Ecclésiastiques et Monastiques du Nord de l’Iraq
J. M. Fiey, O.P.

Volume I

Imprimerie Catholique
Beyrouth
1965

Assyrie Chretienne

Recherches
Publiées Sous la Direction de l'Institut de
Lettres Orientales de Beyrouth

Tome XXII



Weqfa-Enstîtuya kurdî ya Parîsê © 2026
PIRTÛKXANE
Agahiyên bikêr
Agahiyên Hiqûqî
PROJE
Dîrok & agahî
Hevpar
LÎSTE
Mijar
Nivîskar
Weşan
Ziman
Kovar