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Saladin: Rassembleur de l'Islam


Éditeur : Pygmalion Date & Lieu : 1991, Paris
Préface : Pages : 372
Traduction : ISBN : 2-85704-334-1
Langue : FrançaisFormat :
Code FIKP : 155 x 240 mm

Saladin: Rassembleur de l'Islam

Saladin: Rassembleur de l'Islam

Geneviève Chauvel

Pygmalion

Qui connaît Saladin aujourd’hui ? Au XIIe siècle pourtant, ce nom fit trembler la Chrétienté. Dans les mémoires arabes, il résonne encore comme un symbole d’unité et de lutte de l’Islam contre l’Occident.
Né dans une famille kurde, à Takrit, en Irak, dans le même village où naîtra huit cents ans plus tard un certain Saddam Hussein, le jeune Youssef, cadet de famille, vassal entre les vassaux, se sentait davantage attiré par l’aventure spirituelle que par la guerre et les vanités du monde. Obéissant à la volonté divine, il sera néanmoins obligé de se forger une âme de rassembleur et de conquérant pour reprendre Jérusalem, la ville sacrée, occupée par les Croisés depuis 1099.
Devenu malgré lui le célèbre « Salah-ed-Din », sultan d’Egypte, de Syrie, de Mésopotamie et du Yémen, il parviendra après trente ans de luttes à rallier sous sa bannière couleur soleil ses voisins arabes divisés, puis à les entraîner, à la tête d’une armée colossale, sur les chemins de la Guerre Sainte et de la victoire.
Dans ce passionnant récit peuplé de héros, de traîtres, de rois, de reîtres, de sages, de fous sanglants que nimbent les noms magiques de Bagdad, Damas, Beyrouth, Le Caire, Byzance, St Jean d’Acre... c’est Saladin lui-même — selon une reconstitution historique rigoureuse — qui raconte son prodigieux destin d’homme de paix, condamné à se battre jusqu’à son dernier souffle et à affronter deux conceptions de Dieu, alors que, pensait-il, il n’existait qu’un Dieu unique pour rassembler tous les hommes.
La grandeur d’âme, la clémence de Saladin bousculent bien des idées reçues. Elles permettent surtout de découvrir, non sans stupeur, l’envers trop souvent occulté des Croisades. Saladin n’est pas mort. Depuis plus de huit siècles son souvenir et son exemple entretiennent un incendie qui ne pourra s’éteindre tant que l’Islam et l’Occident ne manifesteront pas la réelle et mutuelle volonté de se comprendre.

Journaliste, grand reporter, spécialiste du monde arabe, Geneviève Chauvel s’est rendue sur les grands théâtres d’opération d’Orient et d’Extrême-Orient : Viêt-Nam, Biafra, Angola, guerre des Six Jours, Septembre Noir à Amman, guerre du Kippour en Israël. Au fil des années, des personnalités parmi les plus marquantes ont répondu à ses questions (Hussein de Jordanie, Arafat, les émirs du Golfe, Sadate, Kadhafi, Dayan, Bégin...') et lui ont permis de réunir une documentation considérable sur cet Orient mal connu. Depuis trois ans, elle s’est consacrée à l’extraordinaire aventure de Saladin qu’elle a revécue sur les lieux mêmes où elle s’est déroulée, il y a 800 ans.


Table

Remerciements / 10
Préface / 11
Questions au roi Hussein de Jordanie / 15
Cartes / 20-21

I. / 23
II. / 34
III. / 44
IV. / 55
V. / 64
VI. / 75
VII. / 86
VIII. / 99
IX. / 110
X. / 121
XI. / 132
XII. / 143
XIII. / 153
XIV. / 166
XV. / 179
XVI. / 190
XVII. / 201
XVIII. / 214
XIX. / 226
XX. / 238
XXI. / 250
XXII. / 262
XXIII. / 274
XXIV. / 288
XXV. / 302
XXVI. / 317
XXVII. / 331
XXVIII. / 345
XXIX. / 358

Bibliographie / 367


PRÉFACE

Lorsqu’enfant j’ai appris l’histoire des Croisades, le nom de Saladin était pour moi synonyme de tyrannie et de fanatisme. Maîtres et manuels le présentaient comme un chef de guerre cruel qui, à la tête de ses hordes, massacrait les Croisés-Porteurs-de-Vérité dans les déserts incultes. Plus tard, par le hasard du destin, je me retrouvai, bardée d’appareils-photos, dans ces plaines brûlées qui, depuis huit cents ans, n’ont cessé d’être un champ de bataille. Et le nom de Saladin résonnait encore, mais comme celui d’un héros. Un personnage de légende, paré de toutes les qualités, dont on vénère encore la mémoire. D’un bout à l’autre du Proche-Orient, il a laissé des signes qui permettent de suivre sa trace : une citadelle au Caire, un château fort à Akaba, marqué de son blason, un casque à pointe sur la tête d’un policier hachémite, une forteresse sur un piton jordanien, et son mausolée en plein cœur de Damas, où l’on vient se recueillir avant de se perdre dans les souks.

Depuis la guerre des Six fours en 1967, l’actualité m’a poussée plus d’une fois sur les routes de cet « Orient compliqué » cher à Albert Londres, le grand maître des reporters, et Saladin revenait sans cesse. Il était l’exemple, l’explication, le commencement et le but, l’incarnation d’une pensée mille fois divisée qui, aujourd’hui plus que jamais, cherche un catalyseur.

Qui était ce Sultan du Moyen Age ? Qu’avait-il fait pour mériter tant de louanges et laisser dans les cœurs arabes tant de nostalgie ?
Si les grands hommes suscitent généralement de nombreux livres, lui, curieusement, n’a pas inspiré les auteurs. Du moins en Occident. Et la poignée d’historiens français ou anglo-saxons qui ont raconté sa vie au cours des deux derniers siècles, n’ont jamais quitté l’ost chrétien pour se mettre du côté de Saladin et essayer de le comprendre. L’aspect humain du personnage est demeuré ignoré. Pas un mot sur ce qu’il pouvait penser ou ressentir, ses motivations, ses références, ses valeurs.

A mes yeux, un nouveau reportage se dessinait, fascinant, auquel m’avait préparée ceux que j’avais réalisés jusque-là (conflits sur le terrain, conversations avec divers chefs d’Etat et responsables politiques), et il me permettait de mieux comprendre ce monde mal connu qui nous côtoie. Mes recherches ont duré plus de trois ans, guidées par les auteurs arabes, les contemporains de Saladin, ses biographes et quelques historiens d’aujourd’hui, professeurs dans les universités d’Amman et de Bagdad. Depuis la forteresse de Takrit où il est né, j’ai suivi le petit Youssef au long de ces routes d’Irak, de Syrie, d’Egypte, de Jordanie, du Liban et de Palestine qui ont vu grandir son image. Le sol vibrait encore du galop de ses chevaux et j’entendais dans le vent du désert son cri de guerre : « Islam / Allah Akbar ! ».

La personnalité de Saladin s’est, peu à peu, emparée de moi et, lorsque j’ai voulu raconter son destin, l’emploi de la première personne m’a paru évident. Je n’ai pu m’y soustraire. Je n’ai pas fabulé pour autant. Si la fantaisie m’en était venue, ses biographes, qui l’ont accompagné pas à pas tout au long de sa vie, se seraient chargés de me démentir. Je me suis appuyée sur une documentation rigoureuse jusque dans ses moindres détails, ignorant volontairement tout ce qui appartenait à la légende. J’ai seulement voulu faire revivre ce personnage dans sa vérité absolue à tel point que, s’il revenait aujourd’hui parmi nous, je suis certaine qu’il ne me contredirait en rien.

Le récit arrivait à son terme au moment où se déclenchait la crise du Golfe, et l'Occident se souvenait de ce Saladin qui, il y a huit cents ans, faisait trembler la Chrétienté. Que pensait-on de lui dans les pays arabes ?
Une fois de plus acteur de cette histoire qui se fait sous nos yeux, le roi Hussein de Jordanie, descendant du Prophète, a bien voulu me recevoir dans son palais d'Amman et me parler de celui qui fut le « Rassembleur de l'Islam ».

Questions au Roi Hussein de Jordanie

I. — La mémoire de Saladin anime-t-elle encore les Arabes ? Que symbolise-t-il pour chacun, et tout particulièrement pour Votre Majesté ? En tant que chef d’État, avez-vous essayé de le suivre et de quelle façon ?

Roi Hussein :
Nul ne peut oublier Saladin. Sa lutte contre les Croisés et sa reconquête de Jérusalem ont fait de lui une légende vivante, tant pour les Arabes que pour les Musulmans, li a unifié les émirs divisés et son autorité s’exerçait sur l’Égypte, la Syrie et le Yémen.
Guerrier d’une bravoure extraordinaire, stratège militaire exceptionnel, il était avant tout un chef d’État qui savait gouverner selon des règles justes. Noble de cœur, modeste et d’une courtoisie extrême, il reste pour nous un exemple de courage et de détermination. Sa générosité et sa chevalerie lui ont gagné l’admiration de ses amis comme de ses adversaires. Souvenez-vous de la façon dont il traita son ennemi Richard Cœur de Lion. Ce sont ces qualités qui lui ont permis de rallier Arabes et Musulmans contre les envahisseurs.

Pour chacun de nous, son nom signifie Unité et Gloire. Il est le libérateur de Jérusalem, le défenseur de l’Islam et des terres arabes, l’unificateur de la nation.
Comme tout Arabe et Musulman, j’admire Saladin. Pour ses qualités personnelles, et pour ce qu’il a accompli. Avec simplicité il était un souverain de génie. Et je garde gravés en moi les conseils qu’il avait donnés à son fils : — « Je te recommande à Dieu, fontaine de bonté. Plie-toi à Sa volonté car là est le chemin de la paix. Abstiens-toi de répandre le sang car le sang répandu ne dort jamais. Cherche à gagner le cœur de ton peuple et recherche sa prospérité... Je suis devenu grand, comme je le suis, parce que j’ai gagné le cœur des hommes par ma bonté. »

II —Après la mort de Saladin, le Monde arabe est retourné à ses divisions qui existent encore de nos jours. L’Unité pourrait-elle régner à nouveau ? Il y a huit cents ans, elle s’est faite autour de l’idée de Guerre sainte. Y a-t-il aujourd’hui un autre thème ?

Roi Hussein :
L’unité arabe est un espoir qui ne faiblira jamais. Au début du siècle, mon arrière-grand-père, Al Hussein Ibn Ali, essaya de rassembler les Arabes dans une seule entité politique. Ses efforts furent mis en échec par les puissances coloniales d’alors et des machinations étrangères.

Pour les Arabes, l’Unité reste l’objectif le plus cher. Des conditions favorables au rapprochement de nos peuples et de nos États existent et demeurent malgré tous ceux qui ont conspiré à maintenir la nation arabe à l’écart, divisée, fragmentée en diverses entités faibles et sans pouvoir. D’autres tentatives, par la suite, n’eurent aucun succès parce que trop idéalistes. Les appels à l’unification arabe avaient des accents romantiques et l’on en concluait qu’elle était un rêve plus qu’une réalité.
…..

Geneviève Chauvel

Saladin
Rassembleur de l'Islam

Pygmalion

Pygmalion & Gérard Watelet
Saladin
Rassembleur de l'Islam
Geneviève Chauvel

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© 1991 Éditions Pygmalion / Gérard Watelet à Paris

ISBN 2-85704-334-1

La loi du 11 mars 1957 n’autorisant, aux termes des alinéas 2 et 3 de l’article 41, d’une part, que les « copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective » et, d’autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d’illustration, « toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle, faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite » (alinéa premier de l’article 40).
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Illustration de couverture : d’après une
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