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Recherches sur la Peste en Iran


Éditeur : Bull. Org. mond. Santé Date & Lieu : 1960, Genève
Préface : Pages : 16
Traduction : ISBN :
Langue : FrançaisFormat : 180x240mm
Code FIKP : Br. Gen. 98Thème : Général

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Recherches sur la Peste en Iran


Recherches sur la Peste en Iran

M. Baltazard,
M. Bahmanyar,
P. Mostachfi,
M. Eftekhari
Ch. Mofidi

Bull. Org. mond. Santé


Les auteurs rapportent les résultats de leurs recherches en Iran depuis 1953, date de leur dernière publication. L'expérimentation leur ayant montré d'évidentes différences de réceptivité à la peste parmi les merions, rongeurs sauvages responsables de l'infection au Kurdistan, jusqu'alors considérés par eux comme uniformément résistants, le reclassement zoologique des espèces de ce genre a dû être entrepris. Ce reclassement a montré l'existence au Kurdistan de quatre espèces, dont deux à forte résistance (Meriones libycus, M. persicus) et deux à haute sensibilité (M. tristrami, M. vinogradovi), entre lesquels s'équilibre et se maintient l'infection.

D'autre part, les auteurs apportent la preuve qu'au Kurdistan l'épidémisation de la peste bubonique est purement le fait de la transmission interhumaine par la puce de l'homme, Pulex irritans.



INTRODUCTION


Peste humaine

Lorsque nous publions nos premières recherches sur la peste dans le Kurdistan persan (Baltazard et al., 1952) nous n'avions observé que deux épidémies humaines, toutes deux de peste pulmonaire. Nous avions bien également rencontré quelques cas de peste bubonique, mais toujours isolés et guéris, et relevé l'histoire de deux épisodes limités attribuables à cette forme de peste; mais nous n'avions pu en cinq ans observer nous-mêmes qu'une seule fois un début d'épidémisation bubonique: à Mazidabad, à partir d'un cas, manifestement d'origine champêtre, s'était produit un second cas, familial.

Cependant, la notion de l'existence ancienne d'épidémies de peste bubonique pure, limitées mais meurtrières, était parfaitement établie pour le Kurdistan persan. Si Tholozan n'avait pu observer lui-même aucune des épidémies qu'il avait magistralement décrites et situées, par contre une enquête très complète sur une des épidémies les plus meurtrières du Kurdistan, celle de 1871, avait été faite sur place à la fois par le médecin persan Mirza Abdulali de Tabriz et le Dr Vartabett, médecin sanitaire turc venu de Soleymanieh, puis par le Dr Castaldi, médecin sanitaire de la Sublime Porte, venu de Téhéran et le Dr Paduan, inspecteur de la Province de Bagdad, envoyé par le Gouvernement turc, par le Dr J. L. Schlimmer, médecin sanitaire de Téhéran, envoyé par le Gouvernement persan et enfin par le Dr Telafous, directeur de la Quarantaine de la Mer noire, envoyé par le Gouvernement russe. Les constatations publiées par ces auteurs se recoupent avec exactitude, mais c'est à Schlimmer, dont nous possédons l'admirable «Terminologie médico-pharmaceutique et anthropologique française-persane » volume de 600 pages (dont 30 consacrées à la peste), écrites de sa propre main et lithographiées à Téhéran en 18742, que nous devons les observations épidémiologiques les plus utiles.

L'auteur, arrivant vers le foyer par le sud, n'a pu y pénétrer «... le Kordestan azerbeydjani s'étant mis instinctivement en quarantaine... je retournais paisiblement sans me soumettre inutilement aux mêmes dangers qu'avaient courus les délégués ottomans en s'exposant aux balles des gardiens kurdes.» Castaldi et Paduan eux aussi avaient dû en effet renoncer à visiter le foyer du Moukri. L'étude laissée par Schlimmer porte donc seulement sur trois foyers métastatiques de l'épidémie: la ville de Bana d'une part et les deux villages de Kaniniacé et Karawa3 au nord de Sakkez d'autre part. L'auteur ...

* Cet article est dédié à la mémoire de Mohsen Hassan Zadeh, garçon de laboratoire, mort de la peste au cours de ces recherches.

1 Institut Pasteur de l'Iran.

2 Un fac-similé de cette lithographie a été donné par le Dr M. Eghbal, dans son article «Les Relations médicales entre la France et l'Iran à travers les âges» Sent. Hôp., Paris, 1955. 31, 173.

3 La transcription actuelle de ces noms est: Baneh, Kani Nioz et Qahrabad (carte de l'Iran au quarter inch). Le Moukri est devenu la Région de Bukan (voir fig. p. 142).




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