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Histoire du Sultan Djelal Ed-Din Mankobirti


Éditeur : Ernest Leroux Date & Lieu : 1895, Paris
Préface : Pages : 494
Traduction : O. Houdas ISBN :
Langue : Fran├žaisFormat : 36x605 mm
Code FIKP : Liv. Fr.Thème : Histoire

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Histoire du Sultan Djelal Ed-Din Mankobirti

Histoire du Sultan Djelal Ed-Din Mankobirti, Prince du Kharezm

Mohammed En-Nesawi

Ernest Leroux

Louange à Dieu qui a créé les êtres et a fixé un terme à la durée de leur existence, qui a multiplié leur postérité et leur a imposé l'obligation de revenir vers lui. Pour lui, la genèse des atomes n'offre pas plus de complications que celle des êtres en masse ou isolés. Sa puissance est environnée de gloire alors que celle des autres en est dépouillée; aucune défaillance ne saurait atteindre son pouvoir, les siècles ne l'altéreront point et ni les mois, ni les années n'amoindriront la durée de son existence. Chantons les louanges de cet Artisan incomparable et tout-puissant qui a crée le monde sans autre instrument que les deux lettres kaf et noun1 car lorsqu'il veut une chose il n'a qua dire : «Qu'elle soit!» et la chose est...



AVERTISSEMENT

Le manuscrit arabe, dont j'ai précédemment publié le texte1 et dont je donne aujourd'hui la traduction, appartient à la Bibliothèque nationale de Paris. A la page 341 et sous le numéro 1899, le catalogue imprimé de cette bibliothèque en formule la description de la manière suivante:

... «Histoire du Sultan Djalal al-Din Mankobirti [Dieu donné)», roi de Kharizm, par Schihab al-Dîn Mohammed ibn Ahmad 'Ali al-Nasawi (...), secrétaire de ce souverain. Cet ouvrage, composé en 639 de l'hégire, a beaucoup servi à M. D'Ohsson fils, pour la rédaction de son Histoire des Mongols [voyez à la page III de l'Exposition du premier volume). On remarque à la page 314 cinq lignes d'écriture en langue et en caractères mongols, suivies des mots arabes: ...

... : «Ceci est la lettre (ou l'écriture) de l'émir Saïf al-Din, lieutenant gouverneur d'Al-Karak.» Le feuillet qui porte ces lignes est un bout de rouleau qui paraît avoir contenu une dépêche officielle et n'a aucun rapport avec le texte d'Al-Nasawi. Ms. daté de l'an 660 de l'hégire (1262 de J.-C).

«Papier. 337 pages. Hauteur, 21 centimètres; largeur, 14 centimètres. 15 lignes par page.— [Ancien fonds 849.)»

A ces renseignements, qui suffisent amplement à établir l'identité du ms., je n'ajouterai que quelques simples observations.

Le nom du prince est écrit ..., mais, à défaut d'autres indications, on peut reconnaître que l'avant-dernière lettre du mot a été privé d'un de ses points diacritiques, car celui qui reste se trouve tracé en dehors de la place où il devrait être régulièrement écrit s'il avait été unique. Il est vraisemblable que sur l'original il n'y avait aucun point diacritique et c'est ce qui explique les lectures fautives de Mancberni par d'Ohsson et ... dans l'édition d'Ibn Khaldoun faite à Boulaq.

La mention arabe, qui accompagne les cinq lignes de mongol, dont on trouvera le fac-similé en tête du présent volume, parle d'une localité dite Al-Karak, or d'après Yaqout cette orthographe avec l'article ne serait pas celle de la ville bien connue de Kérah, mais d'une petite bourgade située sur le territoire de Baalbek. j'aurais voulu pouvoir donner la traduction de ce fragment, mais les démarches que j'avais faites à ce sujet ne m'ont même pas valu l'honneur d'une réponse.

La date du manuscrit a été lue 667 par M. le Dr Gottwald de Kazan dans une copie qu'il a faite des dernières pages que l'humidité et les vers avaient assez fortement endommagées. C'est également la date que j'ai adoptée, et si elle n'est pas d'une certitude absolue, quant au chiffre des unités, il est tout au moins indubitable qu'il y a dans le texte un mot représentant des unités.

La notice imprimée n'a pas non plus indiqué que les premières pages et les dernières du manuscrit avaient été reproduites, les premières par une main inconnue, les dernières par M. le Dr Gottwald. Enfin on n'a pas dit que l'exemplaire jusqu'ici unique de la Bibliothèque nationale avait été copié par le cheikh Tantawi pour la Bibliothèque de Saint-Pétersbourg. Je suppose que cette copie existe toujours, bien qu'il ne m'ait pas été possible d'en obtenir communication.

Je n'ai donc eu pour exécuter mon travail qu'un seul exemplaire, celui de la Bibliothèque nationale qui est d'une bonne écriture, mais qui n'a qu'un nombre insignifiant de points diacritiques tracés par le copiste; les points diacritiques marqués au crayon par les lecteurs de l'ouvrage ont été mis souvent sans beaucoup d'attention et constituent plutôt une gêne qu'un secours. Aussi aurais-je hésité à entreprendre la tâche lourde et ingrate d'éditer ce texte et d'en donner la traduction intégrale, si je n'avais été encouragé et soutenu dans ce travail par M. Ch. Schefer, le savant administrateur de l'Ecole des langues orientales vivantes.

On trouve dans l'Histoire des Mongols de d'Ohsson (éd. de MDCCC.XXIV, tome 1, p. x et suiv.) un aperçu assez complet et assez exact sur la personne de En-Nesawi et sur son œuvre; ce que j'en vais dire ici n'en diffère pas sensiblement.

Né à Khorendez2, citadelle voisine de Nesa, ville du nord du Khorasan, Mohammed ben Ahmed ben Ali ben Mohammed El-Monchi En-Nesawi, fut appelé au service du sultan Djelal ed-Din, lorsque celui-ci rentra dans la partie occidentale de ses États après sa grande défaite sur les bords de l'Indus. On verra au cours de cet ouvrage qu'il avait peu de goût pour les fonctions publiques et qu'il ne se résigna à son emploi de secrétaire qu'à cause des grands avantages pécuniaires qu'il y trouva. Cependant peu à peu il gagna la faveur du sultan qui le récompensa de ses services en lui octroyant le fief de Nesa, mais à la condition qu'il le ferait administrer par un lieutenant et qu'il resterait à la cour.

Ainsi, sauf de rares moments qu'il consacra à remplir des missions de confiance, En-Nesawi ne quitta point Djeldl ed-Din pendant la plus grande partie de son règne, et il était encore auprès de lui la veille du four où ce prince allait dans sa fuite succomber sous le poignard d'un Kurde sauvage. Non seulement il a assisté à la plupart des événements qu'il raconte, mais la plus souvent il y a pins personnellement une part plus ou moins active, aussi peut-on dire jusqu'à un certain point que sa «Vie de Maukobirti» constitue de véritables mémoires.

Grâce à la confiance dont l'honorait le sultan, grâce aussi à ses relations intimes avec les plus hauts personnages de l'empire, En-Nesawi a pu voir les choses autrement qu'un spectateur ordinaire; il lui a été loisible d'en pénétrer les causes ou d'en démêler les origines. Et, comme il ne composa son ouvrage que dix ans après la mort de son maître, on comprend qu'il ait pu parler en toute franchise sur tous les sujets qu'il traitait. On sent du reste dans son récit que, si parfois il exprime ses critiques avec une certaine réserve, c'est qu'il ne veut pas être accusé d'ingratitude envers celui à qui il dut toute sa fortune. Peut-être aussi avait-il encore à cette époque à ménager la réputation de quelques-uns de ses amis quoique, sous ce rapport, il ne semble pas cacher ses vrais sentiments. Dans tous les cas la modération même dont il use est un gage de sa sincérité.

Non content de décrire ce qu'il a vu ou de rapporter ce qu'il a entendu dire, En-Nesawi apprécie les événements dont il parle ; il en recherche les causes et en tire des renseignements souvent curieux si on se reporte à ces époques lointaines. Il semble que, tout eu admirant le Kamil d'ibn El-Atsir, il sente la sécheresse un peu trop marquée de cette chronique et qu'il ait voulu montrer, pour sa part, qu'on pouvait employer une forme plus attachante, où la curiosité de l'esprit trouvait sa satisfaction et où la raison rencontrait un aliment qui lui convenait.

En-Nesawi manie la langue arabe avec beaucoup d'élégance; néanmoins on sent devis son style l'influence persane. Ses longues périodes et sa façon même de présenter les idées rappellent à s'y méprendre les procédés indo-européens. Ce n'est plus le langage mâle et sobre du véritable arabe; mais si l'expression y perd quelque peu de sa clarté et de sa force, en revanche elle y gagne un charme particulier auquel -nous serions encore plus sensibles, s'il ne s'y mêlait des images singulières ou des métaphores exubérantes qui choquent notre goût. Dans ma traduction, j'ai essayé de donner une idée de la façon d'écrire de En-Nesawi et, tout en usant dune certaine liberté, j'ai cherché à conserver les allures de l'auteur quand elles ne heurtaient pas de front nos habitudes.

Pour la lecture et la transcription des noms propres j'ai été souvent très embarrassé. Naturellement j'ai dû transcrire d'après le texte arabe et ne pas tenir compte toujours de la prononciation turque ou persane. M. J. Gantin, qui a bien voulu se charger de faire l'index et l'a fait avec le soin et l'exactitude qu'il apporte à tous ses travaux, a pensé qu'il serait bon de reproduire l'orthographe persane dans les indications qu'ils ajoutées aux noms historiques ou géographiques. Pour ma part, je ne vois à cela aucun inconvénient.

En terminant je remercie vivement M, J. Gantin de la nouvelle preuve de dévouement qu'il vient de donner à nos travaux.

Paris, 25 février 1895.

1. L'errata du texte arabe se trouve encarté dans le présent volume.

2. C'est ainsi qu'il faut lire, et non Kharender.



Vie du Sultan
Djelal Ed-Din Mankobirti

Doxologie

Au nom du Dieu clément et miséricordieux. Seigneur, rends notre tâche facile et assiste-nous de ta miséricorde!

Louange à Dieu qui a créé les êtres et a fixé un terme à la durée de leur existence, qui a multiplié leur postérité et leur a imposé l'obligation de revenir vers lui. Pour lui, la genèse des atomes n'offre pas plus de complications que celle des êtres en masse ou isolés. Sa puissance est environnée de gloire alors que celle des autres en est dépouillée; aucune défaillance ne saurait atteindre son pouvoir, les siècles ne l'altéreront point et ni les mois, ni les années n'amoindriront la durée de son existence. Chantons les louanges de cet Artisan incomparable et tout-puissant qui a crée le monde sans autre instrument que les deux lettres kaf et noun1 car lorsqu'il veut une chose il n'a qua dire : «Qu'elle soit!» et la chose est.

1. Selon l'auteur, Dieu, pour créer une chose, n'a qu'à manifester sa volonté en prononçant le mot koun (sois!) qui, en arabe, s'écrit avec les deux seules lettres kaf et noun (k et n).

(Mankobirti)




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