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Pour une Ethique Iranienne


Auteur : Bahram Aryana
Éditeur : Fayolle Date & Lieu : 1981, Paris
Préface : Pages : 94
Traduction : Yseult Henry ISBN : 2-86577-008-7
Langue : FrançaisFormat : 130x220 mm
Code FIKP : Liv. Fra. Ary. Pou. Gen. 1775Thème : Général

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Pour une Ethique Iranienne

Pour une Ethique Iranienne

Bahram Aryana

Yseult Henry


«Shâhin», l'homme-aigle qui tourne son regard vers une culture persane rénovée sur la base de l’antique sagesse, est l’emblème des Azâdegân. Son origine remonte à Cyrus Le Grand et on le retrouve sur les bas-reliefs de Persepolis. Il symbolise l'Homme Parfait qui, en libérant la force de sa pensée, maîtrise le monde en perpétuel mouvement.

Le Général Bahram Aryana, humaniste et nationaliste iranien, est l’inspirateur de «l’opération Tabarzin» qui a attiré l’attention du monde entier. Il a fondé le Mouvement des Azâdegân, ces partisans de la liberté qui combattent le fanatisme et l’oppression. Il est le rassembleur de l’ensemble des forces libératrices de l'Iran qui s'opposent à la théocratie rigide de Khomeyni, à ses disciples d’hier et d'aujourd’hui.

Pour une éthique iranienne est la première formulation idéologique en termes clairs du nationalisme iranien.
Ce manifeste éclaire l’enjeu du combat engagé entre les forces démocratiques et les tenants du totalitarisme religieux ou laïque en Iran. Nous sommes tous concernés, car notre avenir se joue aussi dans le Golfe Persique.



INTRODUCTION


J’étais mon propre forgeron
(Bâyazid Bastâmi)

« L'homme dont l’essence est à ce point précieuse qu’elle est un rayon de lumière émanant de Dieu, doit avoir la liberté de penser.» Ces paroles inspirées de Bahrâm Aryânâ, humaniste iranien, sont l'appel d’une âme noble qui a gardé la fierté de ses origines ; l’appel aussi d’une âme sensible à l'infortune de ses semblables, déchirée qu'elle est par le spectacle affligeant et presque insoutenable qu’offre aujourd'hui son pays dévasté ; l'appel enfin d’une âme éprise de liberté, renouant, au-delà de l’Islam, avec la tradition et les idéaux millénaires qui ont façonné l’identité iranienne et influé sur le cours de son histoire.

Cette pensée montre assez la nature du combat dans lequel il s’est engagé: il veut défendre sa patrie et l'honneur des Iraniens, entâché par les agissements du régime islamique actuel, régime qu'il juge antipatriotique et profanateur de l'héritage culturel et spirituel de l’Iran.

Les instruments de ce combat sont d'une part le mouvement qu’il a créé à Paris le 11 février 1980, l’Organisation des Hommes Libres (Sâzemân-e âzâ-degân-e Iran) et d'autre part un manifeste intitulé Pour une éthique iranienne (A’in-e âzâdegân), dans lequel sont exposées ses idées maîtresses. L'Iranien doit s'éveiller, afin de se connaître, de retrouver la mémoire de ses origines et de redevenir le créateur de son histoire et de son destin. Le vœu de Bahrâm Aryânâ est de lancer une idéologie nationaliste et patriotique « explicite » (1), inexistante jusqu'à nos jours, et de concevoir un cadre institutionnel solide, inspiré de précédents historiques et susceptible de garantir la liberté, la créativité et l’initiative individuelles.

Projet idéologique, ce livre est aussi une véritable interprétation du passé de l’Iran. L’auteur, érudit féru d’histoire, s’attache à retrouver les temps forts de la lutte livrée par les Iraniens, afin que triomphe la pensée libre. Dans cette présentation de l’homme et de son destin, il restitue l’écho passionné de cette vérité éternelle que chantait le poète Jalâl oddin Rumi :

« O mon frère, ton être entier est pensée.
Pour le reste, tu n'es fait que de chair et d’os. »

Ce n'est que par la force de sa pensée que l’homme vient à l'existence et qu’il peut aussi retourner à son origine divine. Or, dans la Perse antique, Dieu était appelé Ahurâmazdâ, ce qui signifiait « l’Intelligence qui crée la pensée » (maghz-e fekr âfarin), le Seigneur de l’âme et de la Sagesse(2). Et le Persan âzâdeh, le chevalier libre, courageux et juste, était celui qui ne cessait de communiquer intimement avec la Sagesse suprême et cherchait toujours à élever son cœur jusqu’à elle. Dieu est donc la source de toute intelligence et de toute pensée droite(3), et il est le dispensateur du don de raisonner et d'agir avec jugement, contrôle et discernement (4). La pensée elle-même conçoit l'ordre et l'harmonie, c’est-à-dire l’ordonnancement du monde selon des lois immuables. L’instrument de cette harmonie est l’amour (mohabbat, mehr), qui seul permet à l'homme de se mouvoir et d’évoluer dans ce monde. La force de l'amour réalise toute recherche, tout mouvement, tout progrès. Elle incite l’âme humaine à se mettre en quête d’un idéal, de la beauté, de la perfection.

Cette antique vision du monde a traversé les siècles en s'enrichissant peu à peu d'apports culturels ...

(1) « explicite », c’est-à-dire formellement exprimée, clairement exposée, et non plus « implicite », transparaissant au travers d’actes et de mesures politiques (selon la terminologie utilisée par Maxime Bodlnson).

(2) Selon les auteurs persans qui se sont intéressés à l’histoire antique.

(3) Voir par exemple le gatha XXXI, 8 de Zoroastre. Voir aussi Paul du Breuil : Zarathoustra (Zoroastre) et la transfiguration du monde. Payot, 1978.

(4) Gatha XXXI, 11.




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