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Un Pays Sans Frontiere, Le Kurdistan


Auteur : Hasan Yıldız
Éditeur : Hevra-Kom Date & Lieu : 1992, Paris
Préface : Pages : 128
Traduction : ISBN :
Langue : FrançaisFormat : 125x195 mm
Code FIKP : Liv. Fre. Yil. Pay. N° 2249Thème : Général

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Un Pays Sans Frontiere, Le Kurdistan

Un Pays Sans Frontiere, Le Kurdistan

Hasan Yildiz

Hevra-Kom

Bien qu'on parle des Kurdes en raison de certains évènements actuels, on ne connaît pas assez en France la place qu'occupe le problème kurde dans l'histoire et dans la région du Moyen-Orient.
En effet, c'est l'Empire ottoman qui a eu une influence déterminante sur le destin des Kurdes jusqu’au début du 20ème siècle. Dans ce contexte, j'ai mis en évidence la place qu'occupait la société kurde au sein de la société ottomane et dans la République turque :
Qui sont-ils donc ? Que veulent-ils ?



Hasan Yildiz né à Dersim, Kurdistan de Turquie, diplômé en philosophie politique à la Sorbonne, passionné par l’histoire de son pays, déjà auteur de deux livres publiés en Turquie.



I – INTRODUCTION

Dans le processus historique, le Kurdistan était le champs de bataille des différents Etats et Empire, Romain, Perse, et Ottoman. Il est aujourd’hui la cible de la politique dirigiste et séparatiste de l'impérialisme contemporain au Moyen-Orient. Ce pays qui fait 420 000 Km2, environ les trois quarts de la France et qui compte de nos jours 25 millions d’habitants, a pu être divisé facilement après la 1ère guerre mondiale à cause des rapports de production sous-développés. Auparavant, il avait été divisé en 1639 entre l’Empire ottoman et l’Iran par le traité de Kasri Chirine. Son statut actuel remonte aux accords signés avec la France et l’Angleterre pendant la guerre de libération Turque (1919-1923). Actuellement, bien qu’une grande partie de son territoire se trouve dans les frontières de l’Etat turc, la part qui revient à l’Iran, l’Irak et la Syrie n’est point négligeable.

Le partage de ce pays qui s’étend sur de vastes réserves pétrolières, offre à l’impérialisme la possibilité de poursuivre une politique à sa guise. En dépit du vécu d’un tel processus de développement historique douloureux, et du poids d’une oppression écrasante de l’extérieur depuis des siècles, le peuple kurde a pu se sauvegarder en tant que nation jusqu’à la civilisation contemporaine. Voilà pourquoi cette évolution constitue le plus grand danger contre l’impérialisme dans la région.

Les révoltes spontanées et isolées dans le temps et dans l’espace de l’époque, prennent aujourd’hui une allure oiganisée. Ce qui est le plus important, c’est que chaque mouvement isolé dans une des parties du territoire influence politiquement l’autre. Ceci est le premier signal d’une nouvelle solution.

En étudiant l’histoire du Kurdistan, nous insisterons davantage sur ses relations avec l’Empire ottoman et la République turque, car ces deux états qui sont la continuité l’un de l’autre ont joué un rôle important dans la destinée de ce pays. Nous parlerons en temps voulu de ses rapports avec les autres pays.

Au premier abord, la politique colonialiste et d’assimilation de l’Etat turc au Kurdistan a transformé le pays en véritable ruine, conformément aux intérêts de l’impérialisme. Néanmoins, comme chaque chose contient sa contradiction, la Turquie a changé le caractère de la résistance du peuple kurde en lui donnant un sens de classe : le développement important du capitalisme au Kurdistan de Turquie, par rapport aux autres parties du territoire, permet d’étudier et de résoudre plus facilementle problème sous une dimension de classe. Dans les autres parties, bien que la lutte active soit plus intense, la base idéologique du mouvement est très faible. Il est facile de constater cela dans les pages de l’histoire douloureuse de ce pays : tribus et féodalité...!

Ces deux éléments ont toujours été exploités par les Etats souverains.
Cependant, il y a aujourd’hui une prise de conscience très élevée parmi les couches intellectuelles, la petite bourgeoisie kurde au Kurdistan de Turquie. De plus, malgré sa faiblesse en nombre et en qualité, le penchant idéologique de la classe ouvrière a une grande influence dans la structure sociale. Même après les évènements dans les pays ex-socialistes, la pensée marxiste a toujours gardé son influence sur les mouvements politiques kurdes. La place de ces couches sociales et les mutations socio-économiques (au Kurdistan de Turquie) sont la clé du problème.

L’opinion démocratique européenne qui sait très bien ce que veut dire la liberté, doit ressentir le désir de la liberté du peuple kurde, et lui fournir le soutien nécessaire.

On voit bien les crises que provoque la cause de la Palestine et du Liban dans le monde et particulièrement en Europe. Le fait que le problème de la liberté et de l’indépendance ne puisse être résolu par l’intervention des pays étrangers a renforcé au Liban le statut des « intégristes » et agravé davantage le problème. Vouloir résoudre le problème d’une nation par interventions des étrangères est en fait refuser tous les moyens démocratiques. Le peuple Kurde est une des nations les plus patientes, qui a appliqué depuis longtemps la démocratie. Néanmoins, cela n’a pas eu un effet auprès des pays souverains. Quant au seul moyen d'issue qui leur a été laissé, les kurdes veulent l’utiliser de leur mieux.

Aujourd’hui, un certain nombre de pays, conformément aux intérêts de leur Etat, préfèrent ne pas toucher à cette plaie. Mais elle ne veut pas se cicatriser et devient chaque jour de plus en plus profonde. Ils montrent avec violence à l’opinion publique du monde la nécessité de soins. En réalité, ces Etats ont sonné de leurs propres mains les cloches d’alarme au Moyen-Orient Le second Président de la République de Turquie, Ismet Inonu déclarait face aux insurrections kurdes : « la seule nation turque est en droit de revendiquer des droits éthiques dans ce pays, aucun autre élément n’en a le droit » (1).

Les menaces contre les Kurdes et les autres minorités de cet homme d’Etat qui prétendait participer au traité de Lausanne le 24 juillet 1923 (2) en tant que représentant des Turcs et des Kurdes, nous rappellent les promesses que les blancs ont faites aux indiens en Amérique.
Un chef indien définit ainsi les blancs : ils nous ont fait beaucoup de promesses, tellement nombreuses que je ne m’en souviens plus, ils n’en ont tenu aucune sauf d’une seule. Ils ont dit qu’ils prendraient notre terre et ils l’ont fait (3).

L’Etat turc n’a même pas tenu les promesses qu’il a faites au peuple kurde pendant les années de guerre de la libération nationale (1919-1923) sans se soucier de ce dernier. Il a essayé au contraire de l’enfoncer dans les ténèbres de l’histoire. Néanmoins, ayant vaincu le cercle vicieux de son désir d’extermination par une résistance traditionnelle durant de longues années, il continue encore aujourd’hui à lutter pour son existence. En conséquence, le Kurdistan est une plaie qui saigne au Moyen-Orient. Tant que le peuple kurde ne soignera pas cette plaie par sa libre détermination, elle continuera encore à saigner...



II - Un aperçu rapide sur l’histoire du Kurdistan

a) de l’antiquité jusqu’en 1071
Après avoir émigré de l’Europe du Nord au IXème siècle avant J.C., les mèdes considérés comme les ancêtres des kurdes sont venus s’installer entre les lacs de Van et d’Urmiye. Selon le professeur Says, historien d’Orient, « les Mèdes constituaient des tribus qui vivaient à l’Est des assyriens dans un Etat puissant de race aryenne, ils faisaient partie du groupe, Hindou-Européen sur le plan linguistique » (4).
Les peuples des pays environnants donnaient des noms différents aux Kurdes. Par exemple, les Sumériens les appelaient : Goti Kuti, Cudi, les Assyriens et les Arméniens : Goti, Kuti, Kardo, les Grecs et les Romains : Kardosuy, Kardak, Kârduki, les Arabes : Kurdi, Kârdoyi, Curdi (5).
Les échanges des Mèdes nomades commencent avec leurs voisins vers les années 835 avant J.C. Ils rencontrent les assyriens organisés en un Etat. Lorsque les mèdes désirent avoir des rapports de bon voisinage avec les assyriens par l’envoi de divers présents, ils sentent plus tard sur eux l’oppression de l’Empire le plus sanglant du Moyen-Orient.
Comme cette oppression touche aussi profondément les autres peuples, les mèdes engagent une résistance contre les …

1 - Journal Turc Milliyet, 30 août 1930, rapportant Noureddine Zaza, Ma Vie de Kurde, p. 258.
2 - Zaza Noureddine.même ouvrage, p. 26
3 - Brown, Dée « Enterrez mon coeur dans ma patrie ».
4 - Zeki Mehmet Emin, l'histoire du Kurdistan, p. 50.
5 - Nikitin Basile, les Kurdes, p. 4.




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