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La Bombe Atomique de Saddam


Auteur :
Éditeur : Way Press Date & Lieu : 1994, Bruxelles
Préface : Pages : 266
Traduction : ISBN :
Langue : FrançaisFormat : 130x210 mm
Code FIKP : Liv. Fre. Ver. Bom. N° 628Thème : Général

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La Bombe Atomique de Saddam

La Bombe Atomique de Saddam

Charles Verpoorten


Way Press


Se pose-t-on réellement la question de savoir pourquoi Saddam Hussein ne s’est jamais conduit en vaincu ?

Peut-être croit-il l’Irak capable de renaître de ses cendres ?

Et l’on aurait tort de considérer cela comme l’un de ses nouveaux rêves “mégalo” puisqu’à quelques mois près, au moment de l’invasion du Koweit, le maître de Bagdad aurait pu imposer sa loi à tout le Golfe arabo-persique par la menace de l’anéantissement nucléaire.
Au terme d’une enquête approfondie, Charles Verpoorten, journaliste spécialisé en matière de défense et grand reporter, apporte les preuves formelles que Saddam avait l’arme totale au creux de la main.

Il l’avait acquise - en dépit des mécanismes internationaux de protection contre la prolifération nucléaire - tant grâce à un réseau de sociétés "paravent" qu’à la ... cupidité d’industries occidentales et de savants incompris...

Mais après avoir suivi le travail parsemé d’embûches des inspecteurs de l’A.I.E.A. et de 1’ ONU et avoir pu compulser les rapports “Top Secret” saisis en Irak, l’auteur de cet ouvrage va plus loin en révélant que cet immense pays peut encore receler un arsenal important apte à raviver la menace nucléaire mais aussi le spectre du conflit biologique ou chimique. Plus grave encore, les ressources pétrolières irakiennes sont loin d’être taries.
Elles peuvent encore appâter des scientifiques sous-payés ou les "proliférateurs" de bombes atomiques "laissées pour compte".

Un livre édifiant et inquiétant sur un péril toujours bien réel.
.....

 



INTRODUCTION

Aujourd'hui, avec les progrès de la technologie moderne et la rapidité à laquelle se transmet l'information, la fabrication d'une arme atomique est à la portée de n'importe quel pays du monde. En effet, la formule secrète de fabrication de la bombe atomique, si jalousement gardée et convoitée par les puissances belligérantes de la deuxième guerre mondiale, peut maintenant se trouver dans certains livres spécialisés accessibles à n'importe quel amateur de science nucléaire. Devant cette facilité déconcertante d'accéder à la technique de fabrication d'armes nucléaires, il est extrêmement tentant, pour un dictateur, de se lancer dans un tel programme. Si, en plus, ce dictateur souhaite prendre une place de leader dans une quelconque partie du monde comme c'est le cas pour Saddam Hussein, l'acquisition de l'arme atomique représente un atout on ne peut plus déterminant.

Ce qu'il lui faut c'est, bien entendu, les moyens financiers pour se doter de l'infrastructure technologique et scientifique nécessaire à un tel programme. Lorsque les immenses puits de pétrole donnent à un pays des ressources financières incalculables cela devient donc encore plus aisé.

Mais si on peut assez aisément obtenir la plupart des éléments pour lancer un programme d’armement nucléaire, (comme, par exemple, l’embauche de spécialistes, d'experts nucléaires, d'ingénieurs ou la construction d'immenses bases et laboratoires, etc.), il reste d’importantes barrières techniques à franchir.

Parmi celles-ci: la fabrication ou l'acquisition de missiles ou de fusées suffisamment perfectionnées du point de vue technologique pour être dotées d'ogives nucléaires, les systèmes de téléguidage, de radars, etc. Mais surtout, les deux éléments indispensables à la déflagration atomique soit, l'uranium enrichi ou le plutonium.

Or, ces deux matières n’existent pas à l'état naturel. Il faut les fabriquer, ce qui nécessite une technique qui impose une infrastructure très importante, technologiquement très développée et qu’il n'est pas possible de mettre en route sans l'assistance de spécialistes venant de pays ayant une bonne connaissance de ce genre d'infrastructure.

A l'heure actuelle, grâce à de nouveaux procédés de manipulation du combustible nucléaire du coeur de l’engin nucléaire, il ne faut plus que 15 kilos d'uranium enrichi ou 5 kilos de plutonium pour fabriquer une bombe atomique.

En ce qui concerne l'uranium, cela peut paraître bien peu, mais en réalité on ne l'obtient pas si facilement. En effet, l'uranium naturel c'est-à-dire le minerai, comprend 99.3 % d’uranium 238 et 0.7% d'uranium 235. Une fission lors de bombardement de neutrons s'obtient beaucoup plus facilement avec de l'uranium 235, ce qui n'est pas le cas de l’uranium 238 qui n'absorbe pas les neutrons. Il est, de ce fait, inutilisable pour une explosion nucléaire. C'est pourquoi l'uranium 235 doit être séparé de l'uranium 238 pour obtenir une réaction en chaîne explosive et être utilisé pour la fabrication d'une bombe nucléaire.

Or, pour qu’un pays puisse obtenir de l’uranium enrichi ou U235, comme l'appellent les hommes de science, il y a peu de possibilités.La première consiste à l'acquérir tel quel en l'achetant là où il se trouve. La deuxième est de le fabriquer soi-même, c'est-à-dire d'enrichir de l'uranium naturel.

Les restrictions internationales et des garde-fous établis par les grandes .puissances nucléaires désireuses d'éviter toute prolifération rendent pratiquement impossible l'acquisition sur le marché international d'une quelconque quantité d'U235. Les stocks sont sévèrement contrôlés par l’Agence Internationale de l'Energie Atomique. Il reste donc aux pays intéressés à fabriquer leur propre uranium enrichi ou à se tourner vers le plutonium.

Comme l'enrichissement de l'uranium requiert une technique assez coûteuse et très sophistiquée, il y avait peu de risques qu'un dictateur puisse recourir à une telle solution. On partait du principe qu'en contrôlant le stock mondial d'U235 et en empêchant la fabrication de plutonium on rendait impossible la fabrication d'une arme nucléaire. En ce qui concerne la fabrication de plutonium, par contre, celle-ci ne peut s'effectuer qu'à l'aide d'une centrale nucléaire comme, par exemple, celle qui produit de l'électricité.

Du combustible d'uranium sous la forme de tubes ou de barres remplis d'uranium est placé dans le réacteur. La plupart du temps ce combustible est composé d'uranium naturel ou légèrement enrichi donc inutilisable pour une arme nucléaire. Pendant le fonctionnement du réacteur, le combustible d'uranium est transformé en partie en plutonium. Comme tout est mélangé dans les tubes avec de l'uranium non utilisé et des produits et déchets hautement radioactifs cela nécessite un procédé d'extraction. Cette extraction s'effectue dans un laboratoire de recyclage où les barres sont dissoutes dans de l'acide nitrique et le plutonium séparé du reste, via des procédés chimiques. Les déchets étant hautement radioactifs ces processus se déroulent dans des conditions où tout est mis en oeuvre pour éviter un quelconque accident. On utilise pour cela des laboratoires en structure de plomb d'où les manipulations sont commandées à distance. Ces laboratoires s'appellent des "cellules chaudes".

Mais le plutonium ne sert pas uniquement à la fabrication d'une arme nucléaire; il peut également être utilisé à des fins civiles et servir de combustible nucléaire pour les centrales. C'est pourquoi un pays engagé dans un programme nucléaire destiné à produire de l’électricité par exemple, peut légitimement posséder de petites quantités de plutonium pour autant que celui-ci soit déclaré à l'Agence Internationale de l'Energie Atomique.

Pendant une certaine période, parce qu'on craignait que les stocks mondiaux d’uranium naturel diminuent de manière considérable au fil des années, la tendance fut de favoriser le plutonium comme combustible nucléaire. Il s’avéra rapidement que cette solution était la plus coûteuse et, de surcroît, la plus dangereuse pour l’environnement.

De plus, contrairement à ce qu'on avait craint, de nouveaux dépôts naturels d’uranium furent découverts et les besoins en combustible nucléaire n'atteignirent pas les prévisions.
Il est donc clair qu’un pays qui désire réellement se doter d’une arme nucléaire serait à même de le faire s’il dispose d’un programme nucléaire civil, n’était-ce qu’en utilisant les matières nucléaires qu’il est légitimement en droit de posséder ou de produire pour son programme civil. C’est pourquoi les pays qui ne font pas partie des puissances disposant d’un arsenal atomique et qui désirent s’engager dans des programmes nucléaires civils sont obligés de souscrire à un certain nombre d’engagements internationaux. Ceci a pour but d’éviter que la matière nucléaire ne soit déviée et utilisée à des fins militaires.

Parmi ces engagements, il y a ce qu’on appelle le Traité de non-prolifération et le “Système des garanties”. (voir les pages annexes).
C’est l’AIEA (Agence Internationale de l'Energie Atomique) qui est chargée de vérifier le respect par les pays membres des traités internationaux. C'est ainsi que quelque deux cents inspecteurs dans le monde contrôlent plus de neuf cents installations et autres sites couverts par les programmes dits de "safeguards”.

Environ 95% des complexes nucléaires mondiaux de même que le matériel nucléaire n’appartenant pas aux 5 états considérés comme pays ayant des armes nucléaires( Chine, France, Grande - Bretagne, USA et URSS) ainsi qu’un certain nombre des installations nucléaires non militaires de ces cinq pays sont surveillés par l’Agence. Malheureusement, malgré les innombrables paramètres de sécurité établis et renforcés par les instances internationales, plusieurs événements récents ont démontré qu’ils n’étaient pas sans failles.

Les bouleversements politiques et militaires qui ont secoué la planète ces dernières années : la chute du communisme, la disparition de l’URSS, la guerre du Golfe, la renaissance de l’intégrisme musulman, etc. ont tous, à leur manière, mis en évidence un nouveau danger menaçant le monde. Il s’agit du danger de la prolifération.

Qu’elle soit chimique, biologique ou nucléaire, la prolifération est maintenant devenue l’ennemi numéro un de l’équilibre et de la paix mondiale. Et ces événements et tout particulièrement ceux qui sont relatés dans ce livre, démontrent à quel point ce danger est réel. Comme il est démontré dans cet ouvrage, Saddam Hussein a profité à pleines mains de cette prolifération. Il a réussi avec beaucoup d’astuce, d’énormes budgets, et la complicité, volontaire ou non, de toute une série de pays ravis de faire tourner leurs usines et de vendre leur technologie, à doter sa volonté de puissance et ses ambitions politiques d’une des armées les plus puissantes du monde. A quelques mois près, il était à même d’utiliser des armes nucléaires pour parfaire ses ambitions. Son attitude lors de la guerre Iran-Irak (où il n’a pas hésité à utiliser des armes chimiques contre les populations kurdes) et pendant la guerre du Golfe (lorsqu’il a lancé ses Scuds sur des objectifs civils en Arabie Saoudite et en Israël) prouve qu’il n’aurait pas hésité non plus à utiliser l’amie atomique.

La disparition de l’URSS et l’éclatement de l’Armée Rouge, nous démontrent également combien les risques de prolifération deviennent réels. La situation économique catastrophique dans la Communauté des Etats Indépendants et les rivalités qui se dessinent entre certains de ses membres où sont déployés des engins nucléaires nous font craindre que ce potentiel atomique se retrouve un jour entre les mains d’un régime dictatorial.

Déjà maintenant la presse ne cesse de faire état d’innombrables cas dans le monde où l’on soupçonne des pays suspects d’avoir acheté de la technologie militaire soviétique ou d’avoir embauché des savants soviétiques.

Effrayants aussi ces anciens alliés des Soviétiques comme l’Irak , à qui Moscou avait déjà vendu de la technologie militaire et formé des spécialistes. Ces pays qui s’obstinent à maintenir leur population sous une dictature se trouvent confrontés à d’énormes difficultés économiques. C’est notamment le cas de la Corée du Nord qui n’a pas abandonné ses intentions agressives à l’égard de la Corée du Sud et qui est engagée dans un programme d’armement nucléaire. Corée du Nord qui est également accusée de vendre à des pays comme la Syrie, d’anciens Scuds soviétiques qu’elle a améliorés. Certains soupçonnent également l’Algérie d’avoir commencé un programme d’armement nucléaire. Et l’on affirme même que l’Irak aurait réussi avant la fin de la guerre à y transférer certains éléments de son programme nucléaire afin de pouvoir le reprendre plus tard.

Les exemples sont nombreux, mais comme ce n’est pas l’objet du présent ouvrage, je me suis limité à n’en citer que quelques uns. Ils démontrent toutefois, et ce livre le fera également, que si la prolifération existe, elle est avant tout l’oeuvre des hommes. Si l’on veut éviter que des dictateurs jouent aux apprentis sorciers, provoquent des accidents du style de Tchernobyl, ou recourent carrément à l’usage de la bombe atomique pour satisfaire leurs ambitions, il est grand temps que l’on renforce les systèmes de contrôle.



Chapitre Premier
Un potentiel inconnu

Lorsque les stratèges du Pentagone établirent avec leurs alliés les plans de la fameuse offensive "Tempête du Désert", leur principal objectif était d’anéantir le plus rapidement possible le potentiel chimique, biologique et nucléaire Irakien.

De la réussite de cet objectif dépendait non seulement l’issue de la guerre mais surtout sa durée et son coût en vies humaines. En effet, si les services de renseignements alliés avaient une connaissance assez précise du potentiel militaire irakien, il leur restait toutefois un grand nombre de points d’interrogations concernant les réelles capacités irakiennes en matière de guerre chimique, biologique et nucléaire. Il était donc primordial de détruire ce qui pouvait, de près ou de loin, être considéré comme faisant partie de ce potentiel avant que les Irakiens ne puissent l’utiliser.

On peut facilement imaginer quelles auraient été les conséquences désastreuses soit d'une erreur d’estimation par manque d’informations soit d'un échec de cette offensive éclair. Il ne fait aucun doute que Saddam Hussein, comme il l’a démontré en lançant ses Scuds sur des objectifs civils, n’aurait pas hésité un seul moment, s’il en avait encore eu la capacité et le temps, à utiliser son arsenal d’armes chimiques, biologiques et nucléaires.

Or, comme on a pu le constater après la guerre du Golfe, ce potentiel existait réellement même si dans certains cas il n’était pas encore totalement opérationnel; il est incontestable que leur utilisation par l’armée …




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