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c o m p l e t
N° 463 | Octobre 2023
  1. PRIX NOBEL DÉCERNÉ À NARGES MOHAMMADI ET PRIX SAKAROV À JÎNA MAHSA AMINI
  2. TURQUIE : VIVES TENSIONS ENTRE ANKARA ET WASHINGTON
  3. ROJAVA : IL NE RESTE PLUS QU’UNE CINQUANTAINE DE KURDES À SERÊ KANIYÊ VIDÉ DE SA POPULATION KURDE
  4. IRAK : CRAINTES D’UNE EXTENSION DU CONFLIT ISRAÉLO-PALESTINIEN
  5. PARIS : UN COLLOQUE INTERNATIONAL SUR LA DIASPORA KURDE

PRIX NOBEL DÉCERNÉ À NARGES MOHAMMADI ET PRIX SAKAROV À JÎNA MAHSA AMINI

Alors que la répression se poursuit avec toute sa brutalité au Kurdistan et en Iran, les femmes kurdes et iraniennes sont honorées à l’étranger.

Ainsi, le Prix Nobel de la Paix 2013 a été décerné le 6 octobre à la militante iranienne Narges Mohammadi actuellement emprisonnée pour « son combat contre l’oppression des femmes en Iran » et sa lutte pour la promotion des droits humains et la liberté pour tous selon la déclaration de la présidente du Comté Nobel norvégien, Mme Meis-Andersen (AFP).

Mme Mohammadi a été condamnée et incarcérée de nombreuses fois au cours des 25 dernières années en raison de ses activités militantes en faveur des droits humains.  Elle est vice-présidente d’un Centre de défenseurs des droits de l’homme fondé par Mme Shirin Abadi, lauréate iranienne du prix Nobel de la Paix 2003 qui a mené une vaste campagne en faveur de sa collègue et compatriote dont une émouvante et courageuse tribune fut publé à la Une du New York Times quelques jours avant l’attribution du Prix Nobel.

A l’annonce de celle-ci l’ONU a réagi en appelant à sa libération immédiate.  De son côté, dans sa déclaration à l’AFP,  la présidente du Comité Nobel norvégien lance un appel à l’Iran : « Libérez-la.  Faites quelque chose de digne ».  Appel évidemment aussitôt rejeté par le régime iranien dont un porte-parole s’indigne dans un communiqué : « Nous constatons que le Comité Nobel a attribué le Prix de la Paix à une personne reconnue coupable de violations répétées des lois et qui a commis des actes criminels… Nous condamnons une décision partiale et politique ».

De son côté, le Parlement européen a, le 19 octobre, décerné son prestigieux Prix Sakharov pour la Liberté de l’Esprit à Jîna Mahsa Amini et au Mouvement « Femmes, Vie, Liberté » en Iran.  La candidature de Jîna Mahsa Amini était soutenue par trois partis principaux du Parlement européen.  Créé en 1988, le Prix Sakharov est la plus haute distinction de l’Union européenne à des individus et à des organisations défendant les droits humains et les libertés fondamentales et il est doté d’une bourse de 50.000 euros.   En 1995, une autre femme kurde emblématique, Leyla Zana, première femme élue députée en Turquie, avait reçu ce prix alors qu’elle était incarcérée dans les géoles turques pour délit d’opinion.  Elle  a passé dix ans derrière les barreaux et fut, à sa libération, réélue triomphalement dans sa ville de Diyarbakir.

La répression iranienne contre les femmes défiant le voile islamique, contre leurs avocats et les journalistes couvrant les événements n’a pas connu de relâche.  Le 1er octobre une lycéenne kurde de 16 ans, Armita Geravand, a été sauvagement battue par des policiers des mœurs dans le métro de Téhéran parce qu’elle ne portait pas le voile islamique. Evacuée vers un hôpital militaire inaccessible, elle est restée quatre semaines dans le coma et décédée le 28 octobre.  Son sort intervenant un an après la mort de l’étudiante kurde Jîna Mahsa Amini a bouleversé l’opinion publique iranienne.  Le gouvernement iranien craignant des manifestations de masse a interdit son enterrement dans sa ville natale de Kermanchah. La demande d’enquête parlementaire sur « cet événement grave » d’un courageux député Ahmed Alirezabegui est restée sans suite.

Par ailleurs, le 25 octobre une dizaine d’actrices iraniennes ont été interdites de travail pour non respect de la loi sur le voile islamique (voir AFP p.73).  Deux journalistes, Elaheh Mohamadi 36 ans et Nilofer Hamedi, 31 ans, ont été condamnées à 12 ans de prison pour « collaboration avec les Etats-Unis, complot contre la sécurité du pays et pour propagande contre la République islamique ».  Nilofer Hamadi était coupable d’avoir rendu visite à l’hôpital à Jîna Mahsa Amini sur son lit de mort et d’avoir posté sur les réseaux sociaux une photo de sa famille en deuil et Elaheh Mohamadi était pour sa part allée à Saqqez, ville natale de la martyre kurde, pour couvrir ses funérailles.

Le régime iranien a été très occupé par la guerre entre Israël et ses protégés Hamas et Jihad Islamique tout en niant toute responsabilité dans le conflit.  Pendant ce temps il a exigé le « désarmement » de plusieurs partis d’opposition iraniens au Kurdistan irakien après leur relocalisation conformément à un récent accord de sécurité Bagdad-Téhéran. Le chef d'état-major général des forces armées de la République islamique d'Iran, Mohammed Bagheri, a déclaré : « L'accord principal ne se limite pas à un changement tactique de ces groupes et à leur transfert vers des points éloignés de la frontière, mais stipule plutôt qu’ils déposent définitivement leurs armes ». Le gouvernement irakien a déjà relocalisé quatre partis kurdes en Irak, mais certains dirigeants kurdes pensent que l'Iran tentera éventuellement de faire exiler ces partis de la région. Le Parti iranien de la liberté du Kurdistan (PAK) a été expulsé de son siège dans le gouvernorat de Kirkouk et désarmé après que Bagdad et Téhéran ont signé un accord de « sécurité des frontières ». Les membres du PAK ont ensuite été transférés dans un camp du sous-district de Saedekan, dans le gouvernorat de Duhok, par le gouvernement régional du Kurdistan (GRK), qui a déplacé ses propres forces dans le complexe évacué du PAK. L'accord de sécurité Bagdad-Téhéran a également abouti à la fermeture les sièges du Parti démocratique du Kurdistan iranien (PDKI) et de Komala.

Voici un résumé des autres faits marquants du mois.

L'Organisation Hengaw pour les droits de l'homme a rapporté que le régime iranien avait arrêté 463 civils à travers le pays en septembre, soit une augmentation de 75 % par rapport à août. Environ 44 % (203) des personnes arrêtées étaient des citoyens kurdes et 26 % étaient des Baloutches. La publication du rapport Hengaw a coïncidé avec l’arrestation par le régime de militants kurdes à Dewalan, Qorveh, Bokan, Saqqez, Karaj, Swlaw et Piranshahr. En outre, un tribunal du régime de Quchan a condamné une militante kurde, Sakina Parwana, à sept ans et six mois de prison pour des accusations liées à des manifestations antigouvernementales. Un autre tribunal du régime a condamné un Kurde de Saqqez, Abdullah Hamza, à un an de prison pour appartenance au PDKI.

En octobre, de nombreux militants kurdes ont été arrêtés, notamment Assad Amiri et Kaiwan Rahimi à Saqqez, Ahmed Taklifi à Abdanan, Farzad Shiri et Kianosh Cheraghi à Diwandara, Melad Haiderian à Qorveh et sept manifestants à Tekab. En outre, les tribunaux du régime ont prononcé des peines sévères : Yousif Barki de Mahabad a été condamné à 40 mois de prison et un écrivain kurde a été condamné à un an de prison.

À l’occasion de la 20e Journée mondiale contre la peine de mort, l’ONG Hengaw a annoncé que le régime iranien avait jusqu’à présent exécuté 538 personnes en 2023. L’Iran procède à plus d’exécutions que tous les autres pays, à l’exception de la Chine. Le régime a condamné à mort à la mi-octobre un Kurde nommé Riza Rasai pour avoir prétendument tué un agent de sécurité lors de manifestations antigouvernementales. Rasai a nié les accusations et a déclaré qu'il avait été contraint d'avouer le crime sous la torture. Au même moment, plusieurs militants kurdes ont été arrêtés à Mahabad et Abdnan.

Les gardes-frontières iraniens ont tué un porteur frontalier kurde (kolbar) près de Marivan et en ont blessé cinq autres lors d'attaques distinctes près de Nowsud et Baneh. Au même moment, une mine a coûté la vie à un Kurde au Kurdistan irakien, près de Chwarta. Pendant ce temps, le régime iranien a imposé une deuxième condamnation à mort à un militant kurde emprisonné à Ourmia, nommé Naib Askari, pour incitation à la rébellion. De même, un tribunal du régime de Senna a condamné l’avocat représentant la famille de Jîna Mahsa Amini à un an de prison pour « propagande ». Le régime a également condamné à six ans de prison un militant kurde de Senna nommé Mikael Manbari. Simultanément, les autorités iraniennes ont interdit à un médecin de Kermanshah d’utiliser les réseaux sociaux pour critiquer le gouvernement après le décès d’une médecin enceinte. Enfin, le régime a arrêté plusieurs militants kurdes à Senna, Qorveh et Saqqez.

Dans le même temps, le régime iranien a arrêté Hamza Pirozi et Soran Sahragard à Marivan, Saman Mohammedi et Woria Ibrahimi à Senna, Mohammed Kadakhoda à Bokan, ainsi que Ramin Wali Nazhad et Hamid Himati à Ilam. De plus, le tribunal révolutionnaire islamique de Jiwanro a condamné un militant écologiste kurde nommé Yasser Noori à quatre mois de prison pour « propagande contre l’État ». Le tribunal révolutionnaire islamique de Senna a condamné à dix ans de prison deux membres de l’organisation Nojîn, qui se concentre sur les questions culturelles et linguistiques. Idriss Manbari et Serwa Pourmohammadi ont été accusés d'activisme et de participation aux funérailles de Jîna Amini. 

 


TURQUIE : VIVES TENSIONS ENTRE ANKARA ET WASHINGTON

Les relations turco-américaines sont au plus bas et les désaccords s’affichent désormais publiquement.  Ainsi, le président Biden en décidant le 12 octobre de prolonger d’un an la durée du décret présidentiel (Executive Order n°13894) autorisant la présence des troupes américaines en Syrie a invoqué, outre le besoin de la lutte contre Daech, les risques d’invasion turque qui menace les intérêts sécuritaires des Etats-Unis dans la région.  « La situation en et en relation avec la Syrie et en particulier les actions du Gouvernement de Turquie de conduire une offensive militaire dans le nord-est de la Syrie, sape la campagne pour défaire l’Etat Islamique d’Irak et de Syrie ou Daech, met en danger les civils et, de plus, menace de saper la paix, la sécurité et la stabilité dans la région et continue de poser une menace inhabituelle et extraordinaire à la sécurité nationale et à la politique étrangère des Etats-Unis » souligne le président américain dans son exposé des motifs de la prolongation du mandat de forces américaines en Syrie (voir p. 46).

Autre signe de cette tension entre Ankara et Washington, le Secrétaire d’Etat américain Antony Blinken qui, au lendemain de l’attaque du 7 octobre du Hamas contre Israël, s’est rendu dans les principales capitales de la région mais n’a pas jugé opportun de faire halte à Ankara.  Cela alors que le président turc, après avoir dans un premier temps, proposé sa médiation dans le conflit, s’est rapidement posé en principal défenseur et porte-voix du Hamas qu’il présente comme « une organisation de résistance de Moudjahides », c’est-à-dire de combattants de la foi islamique. Ce à quoi un porte-parole de l’UE a répondu que d’autres pourraient qualifier le PKK comme une organisation de résistance.

Le président turc a décidé de se poser en champion de la rue arabe.  Les médias turcs aux ordres consacrent l’essentiel de leurs programmes à une couverture très militante des malheurs de la population de Gaza. Tout ce que l’AKP compte de militants et les membres des confréries religieuses se mobilisent dans des manifestations publiques très médiatisées de soutien « aux frères de Gaza ». Alors que les manifestations en faveur des populations kurdes martyrisées des territoires kurdes syriens sous occupation turque sont interdites, tout comme celles en faveur des droits des femmes ou des prisonniers d’opinion croupissant dans les geôles turques.  Le 18 octobre, après l’attaque d’un hôpital dans le nord de Gaza par un tir raté de roquette du Jihad Islamique selon les Américains et les Israéliens, par un tir israélien selon le Hamas, Ankara a décrété trois jours de deuil national.  Le deuil s’est traduit également par des célébrations en demi-teintes du centenaire de la République turque qui n’est guère appréciée par les islamistes turcs nostalgiques du califat ottoman aboli par Ataturk.  La solidarité avec « les forces musulmanes » a également l’avantage d’occulter la grave crise économique que traverse le pays. L’euro qui valait à pleine 2 livres turques en 2010 frôle désormais 32 livres.  Les taux d’emprunt voisinent les 40%.  Le moteur de croissance turque pendant des décennie, le BTP, est en souffrance, la balance des paiements de plus en plus déficitaire.  Tous ceux qui comme médecins, ingénieurs, informaticiens ont un métier en demande quittent le pays, l’afflux des demandeurs d’asile vers l’Europe s’accélère.

Autre grosse ficelle de la rhétorique du pouvoir à côté de « la solidarité avec les musulmans et les opprimés », sauf évidemment les Kurdes, est la sempiternelle « guerre contre le terrorisme qui constitue une menace existentielle pour la patrie ».  Quand celle-ci est en danger, il serait malvenu de parler des problèmes subalternes de survie, de pouvoir d’achat, de chômage.  Sur ce plan le pouvoir turc a été servi par un étrange attentat contre un bâtiment de la sécurité publique turque à Ankara le 1er octobre.  En ce jour de la rentrée parlementaire turque, deux individus lancent une attaque suicide contre ce siège hautement sécurisé.  Attentat amateur qui se solde par la mort des deux assaillants tandis que deux policiers sont blessés.  Un site proche du PKK revendique l’attentat qui ne serait pas destiné à faire des victimes civiles mais à donner un message sur les exactions et crimes perpétrés par l’Etat turc en violation du droit international.  Attentat aussitôt condamné par de larges secteurs de l’opinion publique turque que, sans hésiter ni enquêter, le pouvoir turc attribue aux YPG et affirme que ses auteurs seraient venus de Syrie où ils auraient reçu leur formation.  En l’occurrence une bien piètre formation et peu crédible quand on connait celle des combattants de Rojava qui ont pu vaincre les redoutables djihadistes de Daech. Et comment ont-ils pu traverser une frontière surveillée jour et nuit y compris par des caméras thermiques et échapper à la vigilance supposée infaillible  des gardes frontières turcs ?  En parapente (voir p.98) sans que ces derniers ne puissent les repérer ! 

Malgré toutes ces invraisemblances, le régime turc s’est servi de ce prétexte pour parachever sa stratégie de destruction des infrastructures de Rojava afin de rendre la vie dure à la population civile et pousser celle-ci à quitter la région et à accélérer ainsi la dékurdisation de ces zones frontalières.  Selon un décompte de l’agence locale North Press, du 5 au 9 octobre les drones et avions turcs ont frappé plus d’une centaine de sites dans le Rojava, endommageant gravement les infrastructures. Les sites endommagés comprennent 87 bâtiments résidentiels, une école, un hôpital, 24 bâtiments d’infrastructure et 24 sites militaires dont 14 appartiennent au régime de Damas.  Six fermes et trois usines ont également été détruites.  17 personnes dont 11 civils ont été tués au cours de ces bombardements qui ont fait de nombreux blessés civils et affecté l’approvisionnement en eau et en pétrole des cinq millions d’habitants de la région.

Lors de ces attaques, un drone turc, qui s’est aventuré dans les parages d’une base américaine, a été abattu par l’aviation américaine suscitant l’ire du président turc (voir pp.22-23  et aussi l’article sur le Rojava)

Pour prévenir des manifestations contre ses opérations en Syrie et en Irak, le régime turc a procédé à l’arrestation de plus de 2500 militants kurdes (voir p. 31).

Les pays européens n’ont guère réagi à ces attaques meurtrières et dévastatrices turques. La Chine a appelé au respect de la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Syrie !  En Turquie, six organisations d’avocats turcs ont publié une déclaration commune demandant la fin des frappes contre des cibles civiles et appelant « la Turquie à se conformer aux accords internationaux dont elle et signataire »  et à « résoudre pacifiquement la question kurde avec les parties concernées ».  La déclaration de ces ONG qualifie les attaques turques contre des cibles civiles de « crimes de guerre » inacceptables.

Poursuivant son objectif stratégique de déstabilisation des régions kurdes d’Irak et de Syrie, la pouvoir turc a fait adopter le 17 octobre la prolongation de deux ans de l’autorisation de son armée à mener des opérations militaires dans ces deux pays ( p.100).

A signaler au chapitre de la répression de la société civile turque que l’homme d’affaires et philanthrope turc Osman Kavala a vu sa peine de prison à perpétuité confirmée par la 3ème chambre criminelle de la Cour de Cassation turque, une Cour dominée par des juges proches du parti d’extrême droite de l’Action nationaliste (MHP) associée à la coalition au pouvoir.  Accusé de l’organisation et du financement des manifestations des défenseurs du parc Gezi d’Istanbul menacé par des projets immobiliers du pouvoir en 2013, il aurait selon le président turc tenté de « renverser le gouvernement ».  Saisie du dossier, qui ne résiste à aucun examen sérieux, la Cour européenne des droits de l’homme a rendu un arrêt stipulant la libération d’Osman Kavala, arrêt obligatoire que la Turquie refuse de respecter qui devrai, si les textes sont respectés, conduire à la suspension voire à l’exclusion de la Turquie du Conseil de l’Europe.  Décision hautement politique qui doit être prise par le Comité des ministres des pays membres du Conseil qui ne semblent pas pressés d’agir.   

A signaler aussi que le Parti de la gauche verte (YSP), successeur du Parti démocratique des peuples (HDP), en procès devant la Cour constitutionnelle, a décidé de changer de nom au cours de son congrès.  Il s’appelle désormais le Parti de l’égalité des peuples et de la démocratie (HEDEP). 

 


ROJAVA : IL NE RESTE PLUS QU’UNE CINQUANTAINE DE KURDES À SERÊ KANIYÊ VIDÉ DE SA POPULATION KURDE

Le changement démographique forcé pratiqué par la Turquie dans les territoires kurdes syriens qu’elle occupe se solde par une épuration ethnique complète.  Ainsi, dans la ville de Serê Kaniyê (Ras al-Aïn) occupée par l’armée turque et ses auxiliaires syriens depuis octobre 2019, il ne reste plus qu’une cinquantaine de Kurdes.  Avant l’invasion turque, cette ville mixte kurdo-arabe comptait 175.000 habitants dont plus de 80.000 Kurdes.  A la suite de la politique de terreur des forces d’occupation les Kurdes ont été chassé, leurs maisons, commerces et biens ont été confisqués par des miliciens islamistes syriens au service des Turcs, dont un grand nombre de djihadistes de Daech recyclés ainsi que des islamistes venus d’Idlib pour le partage du butin kurde. Ces djihadistes vaincus militairement par les combattants kurdes des Forces démocratiques syriennes prennent ainsi, grâce à l’armée turque, leur revanche. L’accès de ces territoires occupés étant strictement interdit aux médias internationaux, le nettoyage ethnique n’a pu être médiatisé et ce crime contre l’humanité a été perpétré dans le silence, en toute impunité.

Ankara continu d’implanter dans ces territoires occupés des réfugiés syriens devenus indésirables en Turquie qu’elle expulse.  Rien qu’en septembre 16.000 Syriens ont été expulsés vers ces zones.  Avant leur expulsion leurs documents d’identité sont confisqués et leurs données biométriques, comme les empreintes digitales sont enregistrées pour empêcher tout retour sur le sol turc.

La politique  turque vise en fait de plus en plus à vider la Syrie de sa population kurde.  C’est l’objectif de ses campagnes de bombardements incessants visant ouvertement les infrastructures civiles énergétiques, scolaires et hospitaliers qu’elle désigne comme « des cibles légitimes ».  Ainsi, en affirmant sans aucune preuve que les deux auteurs du curieux attentat d’Ankara du 1er octobre seraient venus des régions sous contrôle kurde de Syrie où ils auraient été « formés », qu’ils auraient débarqué en Turquie en parapente (voir p. 98) Ankara tente de justifier sa nouvelle campagne de bombardements de « punition ». 

L’Administration autonome du nord et de l’est de la Syrie (AANES) a annoncé que la campagne turque de frappes aériennes, de drones et d’artillerie ciblant le nord-est de la Syrie du 5 au 9 octobre a affecté plus de cinq millions de personnes en causant d’importants dégâts aux installations et infrastructures énergétiques de la région. L'AANES a recensé 580 frappes visant 104 sites et qui ont gravement endommagé 11 centrales électriques, 18 stations de pompage d'eau, deux hôpitaux, 48 établissements d'enseignement et trois installations industrielles. Une frappe a causé d’importants dégâts à une académie militaire des Forces de sécurité intérieure (Asayish) et tué 29 personnes. Chargées de la lutte anti-drogue (voir p.31-33), l’AANES a appelé la communauté internationale à prendre clairement position contre l’agression de la Turquie et à la tenir responsable de ses violations répétées du droit international.

Le commandant des FDS Mazloum Abdi a fermement condamné ces attaques, déclarant : « Il s'agit d'un crime brutal et d'une violation flagrante des droits de l'homme qui exige notre attention immédiate. » Il s'est engagé à s'opposer aux forces turques en réponse à cet incident dévastateur. Mazloum Abdi, a rejeté les affirmations turques selon lesquelles les deux auteurs de l'attentat suicide du 1er octobre à Ankara avaient reçu une formation en Syrie ou étaient passés par le nord de la Syrie pour se rendre en Turquie. La déclaration d’Abdi était une réponse aux affirmations du ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, selon lesquelles les Unités de protection du peuple (YPG) étaient complices de l’attaque d’Ankara.

Les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont annoncé avoir attaqué trois bases militaires turques près de Tel Tamr en représailles à la campagne d’agression en cours de la Turquie contre le nord de la Syrie. Le centre des médias des FDS a publié une déclaration qui affirmait « dans le cadre de notre droit légitime de répondre à l'occupation turque et aux attaques et agressions de ses mercenaires, nos forces des FDS ont mené le 17 octobre 2023 des opérations précises et qualitatives ciblant l'occupation turque basée dans les villages d'al-Arba'in, al-Aliyah et al-Manajir”. Le communiqué affirme également que les attaques ont fait des victimes parmi les forces turques.

Les Turcs ont poussé leur zèle jusqu’à envoyer un drône jusque dans les parages d’une base américaine, sans doute pour tester la réaction des Américains au risque de provoquer un affrontement entre deux alliés de l’OTAN. Les États-Unis ont abattu pour la première fois un drone turc dans le nord de la Syrie. Le porte-parole du Pentagone, le général de brigade Pat Ryder, a déclaré que le drone avait mené des frappes dans le gouvernorat de Hassaké et s'était approché dangereusement (moins d'un demi-kilomètre) des forces américaines avant d'être abattu par des avions de combat F-16. Ryder a également affirmé qu'il n'y avait aucune preuve que le drone visait du personnel militaire américain. Il s'agit du troisième incident au cours duquel les forces turques ciblent des positions proches des forces américaines, avec des événements précédents en 2019 en Syrie et en avril dernier au Kurdistan irakien. Après l’abattage du drone, le président turc Recep Tayyip Erdogan a juré de se venger et a déclaré que « les mesures nécessaires seront sans aucun doute prises lorsque le moment sera venu ».

L'armée américaine a aussi frappé deux installations appartenant à des milices pro-iraniennes et aux Pasdarans iraniens (CGRI) en Syrie. Le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, a déclaré que les frappes étaient une réponse aux récentes attaques de drones et de roquettes contre les forces américaines à travers le Moyen-Orient et qu'elles étaient ordonnées par le président Biden. Aucun Américain n'a été tué dans les attaques, mais plusieurs ont été blessés. Le groupe soutenu par Téhéran, connu sous le nom de « Résistance islamique », a revendiqué la plupart des attaques. Le 30 octobre, l'agence de presse Tasnim, affiliée au CGRI, a affirmé que les forces pro-iraniennes avaient ciblé une base américaine sur le champ pétrolier d'Al Omar, dans le gouvernorat de Deir ez Zor, avec 15 roquettes.

Les milices du régime d'Assad, sous la bannière des Forces de défense nationale (FDN), ont elles aussi tenté d'attaquer le territoire contrôlé par les Forces démocratiques syriennes (FDS) à l'est de l'Euphrate, dans le gouvernorat de Deir ez Zor. Elles aussi ont essayé d'infiltrer les villes de Diban, Abu Hardoub et Abu Hamam et les ont attaquées avec de l'artillerie, des mortiers et des grenades propulsées par roquettes. Au moins 19 militants du FDN auraient été tués lors de la dernière série d'affrontements dans le gouvernorat, et les groupes pro-Damas et pro-Téhéran se disent déterminés à infiltrer, renverser et reprendre tout le nord-est de la Syrie.

Des milices soutenues par l'Iran ont attaqué aussi le personnel américain stationné dans la garnison d'al-Tanf, près de la frontière syro-irako-jordanienne, avec plusieurs drones Shahed-101. Les forces américaines ont abattu deux des drones avant qu’ils ne puissent atteindre la base. Des milices pro-iraniennes ont également lancé deux roquettes Fajr sur une base américaine proche du champ pétrolier de Conoco, dans le gouvernorat de Deir ez Zor. Le Front islamique pour la résistance irakienne, affilié au CGRI, s'est attribué le mérite de l'attaque d'al-Tanf.

Sur le plan diplomatique le vice-ministre syrien des Affaires étrangères et des expatriés, Bassam Sabbagh, a affirmé que « la Turquie doit retirer ses forces militaires [de Syrie]. Tous les autres aspects, oui, bien sûr, nous serons ouverts à discuter avec eux, mais ne pas le faire et insister pour rester – c'est une occupation illégale et cela bloquera tous les efforts pour tout type de contact et de relation avec la Turquie ».  Le ministre turc de la Défense, Yaser Guler, a répondu aux objections syriennes à l’occuption turque en Syrie en affirmant que la Turquie ne retirerait ses forces qu’une fois que plusieurs conditions seraient remplies. Ces exigences comprenaient la rédaction d'une nouvelle constitution, la tenue d'élections démocratiques et la formation d'un gouvernement incluant toutes les confessions religieuses.

Par ailleurs, la Russie a affirmé avoir rapatrié 34 enfants des camps abritant des suspects de Daech dans le nord-est de la Syrie et a annoncé son intention d’en rapatrier 150 autres dans les semaines à venir. Plus de 4 500 ressortissants russes se sont rendus en Syrie pour combattre aux côtés de Daech au plus fort de l’organisation entre 2013 et 2018. Les FDS ont arrêté des milliers de combattants de Daech et leurs proches au cours de la campagne soutenue par les États-Unis pour vaincre l’organisation. Plus de 50 000 membres de Daech et leurs proches sont toujours détenus dans le camp d’Al Hol, dans le gouvernorat de Hassaké, et des milliers d’autres sont toujours détenus dans le camp de Roj. L’AANES a demandé à plusieurs reprises aux pays d’origine des détenus de les rapatrier, mais peu ont répondu à cet appel.


IRAK : CRAINTES D’UNE EXTENSION DU CONFLIT ISRAÉLO-PALESTINIEN

Le nouvel épisode du conflit israélo-palestinien, relancé par le massacre le 7 octobre de plus de 1200 Israéliens par des commandos du Hamas venant de la bande de Gaza qui ont aussi enlevé 240 otages, suscite de vives appréhensions en Irak et au Kurdistan.  Une extension de ce conflit au Liban où à l’Iran risquerait d’entraîner toute la région dans un engrenage infernal et déstabiliser l’Irak.

Principal soutien financier, militaire et politique du Hamas, l’Iran nie toute responsabilité directe dans les attaques du Hamas tout en menaçant d’intervenir en cas d’extension du conflit au Liban où son autre protégé le Hezbollah est sur le qui-vive.  Dans cette perspective, et pour montrer ses muscles la République islamique a mis en branle son vaste réseau de milices chiites allant du Yémen à l’Irak.  Dans ce dernier pays les menaces et actions contre les Américains n’ont pas tardé.  Le chef de la milice Badr, formée en Iran lors de la guerre irako-iranienne des années 1979-1988, armée et financée par l’Iran et bien implantée en Irak, Hadi al-Ameri a mobilisé ses troupes et menacé de s‘attaquer aux bases américaines présentes sur le sol irakien dans le cadre de la Coalition internationale de lutte contre Daech. De son côté le puissant et imprévisible chef chiite Moqtada al-Sadr a organisé de nombreuses manifestations anti-américaines à Bagdad et demandé le départ des troupes américaines et la fermeture de l’ambassade américaine à Bagdad.

D’autres groupes pro-iraniens, se réclamant d’un obscur Mouvement de la résistance islamique, ont envoyé le 18 octobre des drones armés contre les bases américaines dans la province arabe sunnite d’al-Anbar et au Kurdistan. Le commandement central américain (CENTCOM) a indiqué que deux drones avaient été interceptés avec succès et qu’un troisième avait causé plusieurs blessés légers.  Une nouvelle attaque a eu lieu quelques jours plus tard.  Selon un porte-parole du ministère américain de la Défense, Pat Ryder, celle-ci a échoué en ne faisant que des dommages mineurs aux infrastructures locales.  A la suite de cette série d’attaques, le Département d’Etat américain a porté à 4 le niveau d’avertissement à ses citoyens en Irak ou envisageant de s’y rendre et il a ordonné à tout le personnel non essentiel de ses représentations diplomatiques de quitter le pays.

Depuis 2018, le nombre d’attaques des milices pro-iraniennes et des Gardiens de la révolution iraniens contre les troupes américaines basées au Kurdistan, contre les infrastructures énergétiques des Kurdes, contre les Peshmergas et contre les partis kurdes iraniens réfugiés au Kurdistan irakien s’élève à 32.  Privés de moyens anti-aériens, les Peshmergas ne peuvent compter que sur la coalition internationale pour neutraliser les drones et faire échouer les attaques aériennes.  Le départ des forces américaines aurait des conséquences graves sur la situation sécuritaire déjà fragile du Kurdistan.

Celle-ci est constamment menacée par des incursions et bombardements aériens turcs qui se sont poursuivis tout au long du mois d’octobre.  Ces opérations, menées officiellement contre les bases arrières du PKK au Kurdistan, ont, depuis 2015, causé la mort de 102 civils kurdes irakiens, la destruction et l’évacuation de près de 400 villages.

Le 1er octobre le PKK a annoncé le retrait de ses unités de défense du camp des réfugiés (kurdes de Turquie) de Makhmour, près d’Erbil.  L’armée irakienne a aussitôt tenté d’occuper trois postes militaires ainsi abandonnés alors qu’ils se trouvent en territoire kurde.  Les affrontements ont fait trois morts de chaque côté avant la conclusion d’un cessez-le-feu.  Le Premier ministre irakien a diligenté une enquête sur cet incident.  En attendant un accord sur le règlement de ce litige, les postes concernés restent inoccupés.

Par ailleurs, la 11e division de l’armée irakienne a pris d’assaut le camp de Tobzawa dans le gouvernorat de Kirkouk et a émis des avertissements d’expulsion aux résidents kurdes du village de Tobzawa. Le ministère de la Défense du régime baasiste dirigeait autrefois ce camp, qui a été le théâtre de nombreux crimes contre les Kurdes irakiens, notamment  les opérations génocidaires d’Anfal, en 1988. Les gouvernements irakiens de l'après-Saddam est critiqué depuis 2003 pour avoir refusé de restituer les terres aux habitants : « Le camp de Tobzawa est un symbole de la brutalité du régime fasciste du Baas. Chaque recoin de ce camp nous raconte l’histoire tragique des crimes d’Anfal »  peut-on lire dans une déclaration commune de dizaines d’organisations et de militants des droits humains. Le communiqué indique également que le gouvernement irakien a la responsabilité « juridique et morale » de transformer le camp en musée pour commémorer les victimes de la campagne Anfal.

 


PARIS : UN COLLOQUE INTERNATIONAL SUR LA DIASPORA KURDE

L’Institut kurde a organisé le 27 octobre dans la Salle Clemenceau du Palais du Luxembourg un colloque international intitulé « Diaspora kurde, contexte historique, situation actuelle et perspectives »

Clôturant les célébrations du 40ème anniversaire de l’Institut kurde, dont la fondation et l’action sont très liées à la diaspora kurde en Europe, le colloque a réuni une vingtaine de chercheurs et d’acteurs de cette diaspora pour des débats pluriels et des échanges sur l’importance de celle-ci, son rôle dans la vie culturelle, artistique et politique kurdes et ses perspectives.

Le colloque s’est déroulé toute la journée de 9h. à 19h. et les interventions et débats ont été organisés autour de cinq panels thématiques. (voir le programme).  Un public très nombreux a assisté à ce colloque dont les interventions, déjà en ligne sur le site de l’Institut kurde, seront ensuite reprises dans un numéro spécial d’Études kurdes.

Voici des extraits du texte de présentation de ce colloque :

Avec une communauté de plus de 2 millions de membres apatrides, répartis principalement en Allemagne, en France, en Angleterre, dans les pays scandinaves, la diaspora kurde s’est constituée à partir de 1960 et devenue très visible à partir des années 2000 au fur et à mesure que son poids démographique a augmenté à cause des opérations militaires dans les différentes parties du Kurdistan. Malgré sa constitution récente et en dépit de l’hostilité des États turcs, iraniens, syriens et irakiens jusque dans les pays européens, la diaspora kurde est considérée comme la communauté diasporique la mieux organisée et la plus active en Europe selon Olivier Grojean (2011).

Si la première génération des membres de la diaspora est constituée des militants, intellectuels, journalistes fuyant la répression politique et culturelle, on assiste désormais à une deuxième, voire une troisième génération pleinement intégrée dans leurs pays d’accueil comme en témoignent plusieurs députés et ministres d’origine kurde en Suède, en Allemagne, en Autriche, aux Pays-Bas et en Grande-Bretagne, sans compter de nombreux maires et de conseillers municipaux. De même, les membres de la diaspora kurde entretiennent des rapports forts avec leurs régions d’origine en établissant des liens et des réseaux économiques, politiques, financiers et sociaux. Les technologies de l’information et de la communication, Internet et les médias sociaux ont contribué à créer de nouvelles opportunités pour ce processus et à jeter des ponts avec leurs régions d’origine et entre les générations.

A travers son activisme et ses différentes formes de mobilisation, la diaspora kurde a joué un rôle décisif dans la sensibilisation de la communauté internationale à la cause kurde. C’est également grâce à ces formes d’activisme que les « études kurdes » en Europe et aux États-Unis connaissent une véritable montée en puissance, avec de nombreuses revues et thèses consacrées à l’étude de l’histoire, de la langue, de la culture, et la société kurde.

La diaspora kurde a été également très active dans le développement de l’expression littéraire, culturelle et artistique comme on peut le noter dans le renouveau de la langue, de la littérature, le développement d’un cinéma kurde et de nouvelles formes de culture de jeunesse. C’est la diaspora qui a su donner un nouvel essor à la langue écrite, à la littérature et à la musique kurdes longtemps interdites en Turquie, en Syrie et en Iran. C’est aussi grâce à cette expression que les membres de la diaspora maintiennent, négocient et reconstruisent leur identité.

Le grandissant entrepreneuriat kurde témoigne du poids économique considérable joué par la diaspora tant en Europe que dans ses actions solidaires avec le Kurdistan, dans de nombreux secteurs du marché, de la reconstruction, des services de la santé, etc.

Dans ce contexte tendu et conflictuel, les lourds contentieux entre Erbil et Bgdad n’ont toujours pas été réglés. La question de l’exportation via la Turquie du pétrole du Kurdistan reste toujours en suspens, malgré l’annonce faite le 2 octobre par le ministre turc de l’Energie et des ressources naturelles d’une “reprise d’ici une semaine”.  L’arrêt de ces exportations depuis le mois de mars a déjà coûté plus de 7 milliards de dollars au Kurdistan qui est au bord de l’asphyxie financière.  Les accords sur le versement au Gouvernement régional du Kurdistan de sa part du budget fédéral ne sont pas respectés. Bagdad effectue un versement et puis sans autre forme d’explication suspend ses versements les mois suivants, privant Erbil des moyens de payer régulièrement les salaires de ses employés et fonctionnaires et de faire face à ses autres obligations. 

Excédé par ces intrigues, le président du Kurdistan Nechirvan Barzani a appelé à nouveau le gouvernement federal à verser rapidement les salaires et pensions des citoyens du Kurdistan  qui, selon la Constitution, ont les mêmes droits que les autres citoyens irakiens qui, eux, perçoivent régulièrement leur dû.  Il s’agit d’un droit fondamental, a-t-il ajouté, rappelant qu’un chantage sur le versement des salaires serait indigne d’un gouvernement démocratique.  Le représentant spécial de l‘ONU pour l’Irak et les ambassadeurs des pays amis abondent dans le même sens et cherchent à trouver une solution en vue de préserver la fragile stabilité de l’Irak.

 


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