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Saladin : Le plus pur Héros de l'Islam


Editor : Albin Michel Date & Place : 1956, Paris
Preface : Pages : 366
Traduction : ISBN :
Language : FrenchFormat : 130x195 mm
FIKP's Code : Liv. Fre. Pre. Cha. Sal. N° 809Theme : History

Saladin : Le plus pur Héros de l'Islam

Le plus pur Héros de l'Islam

Albert Champdor

Albin Michel

Au vne et au VIIIC siècles de l’ère chrétienne, la formidable explosion de l’Islam ébranla le vieux continent, et le monde arabe connut une brillante période d’expansion territoriale et religieuse, de rayonnement intense dans le domaine des sciences et des arts. Ce fut « l’âge d’or » des historiens arabes, une fête ininterrompue. Le rêve des socialistes modernes de se voir pensionnés et nourris par l’État était réalisé. Après avoir menacé l’Europe, l’Islam se stabilisa. Et bientôt, dans l’énorme masse musulmane, subitement apparue dans l’histoire du monde à un moment particulièrement critique pour l’Occident secoué par les invasions sarrasine et slave, les rivalités ...


Table des Matières

Chapitre Premier. — Les grands remous du monde musulman à la veille des Croisades / g
— II. — La Syrie franque / 17
— III. — La Seconde Croisade et le réveil de l’Islam syrien / 26
— IV. — Les chrétiens et les musulmans se disputent la possession de la vallée du Nil / 32
— V. — Saladin, prenant au Caire la place des califes fatimites, fonde la dynastie des Ayûbides / 42
— VI. — Le Caire / 48
— VII. — Nûr ed-dîn contre Saladin / 60
— VIII. — La conquête de la Syrie / 72
— IX. — Le désastre des Ayûbides dans la plaine d’Ascalon / 95
— X. — Des bords de l’Euphrate aux bords du Jourdain / 104
— XI. — Le seigneur de Kérak / 119
— XII. — La question de Mossoul / 128
— XIII. — Le point critique des Croisades / 134
— XIV. — La plus grande victoire de l’Islam sur la chrétienté : Hattîn / 146
— XV. — La chute de Jérusalem / 175
— XVI. — Un adversaire de la taille de Saladin : Conrad de Montferrat / 189
— XVII. — Saladin veut rejeter les chrétiens d’Orient à la mer / 193
— XVIII. — La coalition de l’Europe chrétienne contre l’Islam / 201
— XIX. — Renaud de Sagette et Saladin / 214
— XX. — Une épopée : Saint-Jean-d’Acre / 224
— XXI. — Les malheurs de l’empereur Frédéric Barberousse en Asie Mineure / 231
— XXII. — Et il y eut grande multitude de peuples pour se battre / 246
— XXIII. — Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion contre Saladin / 265
— XXIV. — Le roi d’Angleterre veut installer sa dynas¬tie en Terre Sainte / 289
— XXV. — La paix difficile / 305
— XXVI. — Le retour à Damas / 332

Bibliographie / 347

Tableaux Genealogiques / 355

Plan De Jerusalem / 184


CHAPITRE PREMIER

Les Grands Remous du Monde Musulman à la Veille des Croisades

Au vne et au VIIIC siècles de l’ère chrétienne, la formidable explosion de l’Islam ébranla le vieux continent, et le monde arabe connut une brillante période d’expansion territoriale et religieuse, de rayonnement intense dans le domaine des sciences et des arts. Ce fut « l’âge d’or » des historiens arabes, une fête ininterrompue.
Le rêve des socialistes modernes de se voir pensionnés et nourris par l’État était réalisé. Après avoir menacé l’Europe, l’Islam se stabilisa. Et bientôt, dans l’énorme masse musulmane, subitement apparue dans l’histoire du monde à un moment particulièrement critique pour l’Occident secoué par les invasions sarrasine et slave, les rivalités dynastiques et la crise romaine du xe siècle, d’inquiétants foyers d’agitation ne tardèrent pas à se manifester parmi les fanatiques propagateurs des cent quarante sourates du Coran, concises et obscures, qui pouvaient être différemment interprétées. Le Prophète avait dit : « La variété des opinions est une miséricorde d’Allah » Cette sentence pouvait mettre à l’aise la conscience la plus exigeante des fidèles et elle nous explique, si l’on consent à ne pas se laisser séduire par la grandeur apparente de l’Islam, la diversité des écoles orthodoxes, leur épanouissement, leurs rivalités pour s’assurer de la clientèle ; les conséquences du profond déséquilibre des forces spirituelles de l’Islam devaient fatalement troubler l’unité doctrinale et temporelle du monde musulman qui n’a jamais eu — soulignons cette remarque — de tradition impériale, ni d’aristocratie ni d’élites sans lesquelles il ne saurait être question d’inspirer et de soutenir une politique nettement nationale. Des querelles dogmatiques aiguës mirent en péril l’existence du pouvoir central dont la légitimité fut à tout propos contestés. Les califes, vicaires du Prophète, ne tenaient certes pas à se voir déposséder de leur puissance par les sectes réformistes sans cesse en position de révolte ouverte contre eux. Aussi firent-ils appel aux étrangers pour préserver leur pouvoir, garder leur palais et leurs sérails, étouffer les émeutes populacières soigneusement entretenues par les classes cléricales. Menacés, ils remplacèrent par des mercenaires turcs ou par des esclaves africains les turbulents mais fidèles Bédouins dont les humbles ancêtres caravaniers avaient fondé l’empire de l’Islam. Dès lors le drame se noue. Les mercenaires appelés par les califes dégringolèrent en foule des arides plateaux de leur Asie Mineure natale, heureux de louer leurs services aux éblouissants maîtres de Bagdad ou de Damas entourés d’une nuée de poètes et d’émirs. Ces hommes du Nord, « ces gardiens de moutons, écrit Abou Dâoud, qui suaient la misère dans leurs villages, ces va-nu-pieds », durs sur le champ de bataille, prompts à saisir à demi-mot le sens des besognes les plus laides, serviteurs expéditifs et muets, furent fort aise de vivre désormais confortablement à l’ombre des puissants et de jouer un rôle essentiel dans les tragi-comédies de harem. Aussi répondirent-ils en masse à l’appel imprudent des califes, tout comme autrefois les Barbares désertèrent sans scrupule leurs tribus errantes et affamées pour courir défendre les frontières de Rome et perdre l’empire qui les avait accueillis. Les nouveaux venus eurent tôt fait de se rendre compte de la faiblesse permanente du pouvoir qu’ils devaient protéger et bientôt les auxiliaires turcs remplacèrent leurs maîtres décadents sur le trône des descendants du Prophète. Une poignée d’entre eux, galopant nuit et jour vers l’est, donnèrent l’Inde à l’Is-lam. D’autres occupèrent les provinces occidentales de la Perse. Partout, les anciens chefs de bande, les aventuriers devenus ministres, triomphèrent. L’anarchie constitutionnelle du califat, les guerres incessantes que se déclaraient les grands …

Albert Champdor

Saladin : Le plus pur Héros de l'Islam

Albin Michel

Éditions Albin Michel
Saladin : Le plus pur Héros de l'Islam
Albert Champdor

Éditions Albin Michel
22, Rue Huyghens
Paris

© 1956 by Editikons Albin Michel

Achevé D’imprimer
— Le 3 Mai 1956
Par L’imprimerie Floch
A Mayenne (France)

(3357)

Numero D’edition : 2.316
Dépôt Légal : 2e Trimestre 1956

Imprimé en France

Éditions Albin Michel

Ci-Contre, Reproduction d'un Plan de
Jérusalem Extrait d'une Carte de
Nicolas Sanson. Géographe du Roi (-IÖ65)
Printed in France
Imp. Balme, Paris



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