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Khomeinisme islamisme tiers-monde


Éditeur : Esprit Date & Lieu : 1980, Paris
Préface : Pages : 192
Traduction : ISBN :
Langue : FrançaisFormat : 155x240 mm
Code FIKP : Liv. Fre. Mon. Kho. N° 1795Thème : Général

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Khomeinisme islamisme tiers-monde


Esprit, n° 37 : Khomeinisme islamisme tiers-monde

Olivier Mongin

Esprit

Surprenante Europe ! Alors même qu’elle n’en finit plus de rompre avec sa propre histoire, qu’elle se complaît dans un discours de la décadence et ne parvient pas à imaginer la moindre alternative culturelle ou politique (1), voilà qu’elle découvre brutalement des pans entiers du globe qu’elle avait longtemps feint d’ignorer. Comme si la mappemonde avait eu jusqu’à maintenant les seules dimensions de l’Occident, cette Europe élargie !

Au seuil de la décennie 1980, quel hebdomadaire européen n’aura pas titré sur l’Islam et l’Orient : le réveil de l’Islam, Mahomet l’homme de l’année, la nouvelle question d’Orient...



INTRODUCTION

Aussitôt que ce sera possible, nous publierons, comme pour les exercices précédents, les résultats financiers de 1979. Dès à présent nous pouvons prévoir qu’il ne seront pas aussi favorables que ceux de 1978. Si certains numéros (ceux d’avril, mai, septembre-octobre en particulier) se sont bien vendus, le nombre de nos abonnés a par contre subi une diminution.

Peut-être est-ce prétention de notre part, mais nous ressentons un peu comme injuste cette évolution négative. Dans la fabrication de cette revue, nous mettons plus que de la conscience professionnelle, nous y mettons de la curiosité et de la conviction ; c’est un travail qui nous tire en avant, qui nous donne la joie et le souci des questions neuves. Nous voudrions qu'au milieu des morosités à la mode, cette confiance et ce goût de l’avenir soient un peu plus contagieux.

Pourtant ce n’est pas ici le lieu de faire un bilan intellectuel de la nouvelle série d’Esprit : le «Guide de lecture » qui est encarté dans ce numéro donne sur ce point les indications essentielles et le numéro de septembre-octobre développe les principales lignes de notre travail. Simplement nous pouvons répéter qu'Esprit est un lieu sinon unique (ne nous vantons pas), du moins un lieu assez rare, en ceci que l'on n’y cultive ni la nostalgie de mondes impossibles à retrouver, ni la désespérance d’avant le déluge, qu’on n'essaie pas non plus d'y faire survivre les illusions d’avant-hier.

Ces temps-ci l'Europe se sent assiégée, il est bien venu de disserter sur sa fragilité. Ces inquiétudes devant les grondements d’orage qui viennent de divers horizons ne sont pas injustifiées, elles ne sont peut-être pas inutiles, mais il est clair qu'il s’agit aussi de la projection d’un désarroi interne ; peut-on encore imaginer un avenir à partir d'une position d'Européen moderne ? Beaucoup en doutent, et ils rêvent de passer aux barbares, ou bien ils s’attendrissent narcissiquement sur une belle décadence. Nous pensons pouvoir tenir le pari inverse. Nous croyons qu’à partir des traditions européennes, on doit, on peut retrouver une politique, retrouver une culture.

Simplement cette conviction — peut-être cela déconcerte-t-il — ne prend pas, ne prendra pas la forme d'un système idéologique qu'on pourrait vulgariser, qui rassurerait, qu'on essaierait d'appliquer. Le mot auquel nous revenons tout le temps est celui de communication, et communication signifie pluralité non disloquée, unité sans autoritarisme (mais non sans autorité), liberté mais non pas gratuité et indifférence.

Il ne s'agit donc pas pour nous de faire semblant de tout savoir sur la société et la culture pour déduire aussitôt de cette prétendue science nos remèdes, il s'agit d’aider chacun à prendre conscience de ses possibilités et de la manière dont il peut les exercer avec les autres. C’est cela changer la culture et la politique : les envisager hors de la référence rassurante à une connaissance aussi exhaustive qu'illusoire.

Peut-être cela semblera-t-il frustrant. Pourtant il y a, au-delà des conforts perdus, la chance d’une fraternité qui se nouerait peu à peu.

Qu’on excuse ce que ce billet de début d’année a de trop court et de trop péremptoire à la fois.
C'est un sentiment qu'il cherche à rendre, et non une démonstration qu’il développe.
Les chances que nous apercevons de rouvrir certaines portes, d’autres les pressentent comme nous, de jeunes intellectuels qui n'aiment ni la confusion, ni le cynisme, ni le sectarisme.
Quelques-uns, qui sont de nouveaux collaborateurs, ont été cooptés au comité de rédaction.
Il importe que ce qui germe autour de cette revue, autour de cette petite institution curieusement libre de toute caution et de toute garantie (universitaire, financière ou autre), il importe que cela ne s’arrête pas faute du minimum matériel indispensable.

Pour cela nous avons des efforts à faire, dans l’ordre de la lisibilité (encore que la lisibilité dépende aussi du lecteur, des capacités de curiosité qu'il libère en lui-même), dans l’ordre de la diffusion, dans l'ordre surtout de la ponctualité de nos parutions. Nous ferons ces efforts, mais nos lecteurs qui partagent nos soucis et nos espérances peuvent faire, doivent faire eux aussi quelque chose auprès de leurs amis, de leur libraire, auprès de bibliothèques ou d’institutions...
Ils peuvent par exemple :

1) souscrire des abonnements d'essai de six mois pour des personnes qu’ils croient intéressées par la revue ;

2) nous demander et envoyer avec un mot de leur main des « Guides de lecture » et des bulletins d’abonnement ;

3) commander des exemplaires du numéro spécial : « que penser ? que dire ? qu'imaginer ? » (septembre-octobre 1979, 35 F) ;

4) demander des affiches Esprit pour les placer dans des lieux publics (centres culturels, lycées, facultés...) ;

5) vérifier la diffusion d’Esprit dans les librairies de leur ville (nous écrire à ce sujet).

6) organiser dans un milieu qu'ils connaissent une réunion qui permette de faire connaître Esprit et qui soit l’occasion de contacts intellectuels.
Nous attendons vos réponses.

Paul Thibaud



Khomeinisme, islamisme, tiers-monde

Surprenante Europe ! Alors même qu’elle n’en finit plus de rompre avec sa propre histoire, qu’elle se complaît dans un discours de la décadence et ne parvient pas à imaginer la moindre alternative culturelle ou politique (1), voilà qu’elle découvre brutalement des pans entiers du globe qu’elle avait longtemps feint d’ignorer. Comme si la mappemonde avait eu jusqu’à maintenant les seules dimensions de l’Occident, cette Europe élargie !

Au seuil de la décennie 1980, quel hebdomadaire européen n’aura pas titré sur l’Islam et l’Orient : le réveil de l’Islam, Mahomet l’homme de l’année, la nouvelle question d’Orient...

L’Islam et la mémoire de l’Europe

Cet intérêt soudain pour l’Orient ne s’explique pas seulement par le danger qu’augmente encore le prix du pétrole ou par la situation géo-stratégique de certaines de ces régions (cf. le risque de soviétisation que les événements d’Afghanistan ont confirmé avec évidence). En effet, ce qu’on appelait autrefois « l’appel de l’Orient » relève peut-être plus qu’on ne veut bien l’avouer de traditions enracinées dans certains pays d’Europe : qu’on se souvienne du rôle de l’orientalisme durant 1ère coloniale ou plus récemment de cette fascination pour l’Orient quelque peu éthérée et hallucinogène qui avait marqué le tournant des années 70 (2).

Dans le cas plus particulier de l’Islam — si l’Islam n’est pas à lui seul l’Orient, il le symbolise — on découvre une religion qui ne sépare pas la sphère du spirituel de celle du temporel et s’inscrit dans l’histoire, ce qu’indique la célèbre maxime : « L’Islam embrasse le religieux et l’étatique »

…..

1. Cf, « Les Européens en politique », Esprit, décembre 1979.

2. Cf, les pages que Jean-Claude Guillebaud consacre à Katmandou et Bodnath (Népal) dans un voyage vers l’Asie, Seuil, 1979, chap. X et XI.

 




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