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La première République Musulmane: l'Azerbaïdjan


Auteur : D. Z. T.
Éditeur : Ernest Leroux Date & Lieu : 1919, Paris
Préface : Pages : 58
Traduction : ISBN :
Langue : FrançaisFormat : 160x245 mm
Code FIKP : Liv. lp. fra. 09 DZT 923Thème : Général

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La première République Musulmane: l'Azerbaïdjan

Première République Musulmane: l'Azerbaïdjan

D. Z. T.

Ernest Leroux


Pendant de nombreux siècles, le territoire de l’Azerbaïdjan du Caucase contenu dans les limites suivantes : la mer Caspienne à l’est, la Perse au sud, la Turquie et la Géorgie à l’ouest et les chaînes principales des montagnes du Caucase au nord, renfermait plusieurs kahnats indépendants, notamment ceux de Guendjè, d’Érivan, de Nakhitchévan, de Karabagh, de Chéki, de Chirvan, du Talych, de Bakou, de Kouba, etc... qui étaient administrés héréditairement par des khans souverains. L’ensemble des pouvoirs législatifs judiciaire et administratif, y compris le droit de battre monnaie, ainsi que tout le domaine des relations extérieures, se concentrait dans les mains des khans. En un mot, ces khanats étaient souverains dans leur vie intérieure aussi bien que dans leurs relations avec les puissances voisines. Nous voyons ainsi nos khans indépendants de l’Azerbaïdjan entrer, il y a déjà quatre siècles, en relations commerciales avec des étrangers... Un souverain de Chirvan, Abdullah Khan, fonda même dans la capitale de son khanat, à Chémakha, une factorerie, qui se trouvait sous la protection personnelle du khan. De même ...


La Première République Musulmane
L’AZERBAÏDJAN


II y a deux Azerbaïdjan, de peuplement turc, de civilisation iranienne et d’Islam chiite, — l’Azerbaïdjan de Tabriz, en Perse, — et l’Azerbaïdjan de Bakou, en Transcaucasie. C’est de ce dernier qu’il s’agit ici.

 La R. M. M. publie, dans toute sa force documentaire, ce plaidoyer pro domo, adressé aux membres de la Ligue des Nations par cette population musulmane, intéressante à tant d’égards.

En ce moment où la détresse des Arméniens orientaux, imprudemment incités à des espérances trop vastes par diverses intrigues politiques, est révélée à la presse européenne, — cette note montrera que les chrétiens n’ont pas été les seules victimes des dissensions savamment semées en Transcaucasie par la bureaucratie russe : qu’il en existe d'autres, les Azerbaïdjanis de Bakou, de Guendjè et du Karabagh.

Quant aux références détaillées que cet exposé ne pouvait contenir, les lecteurs de la R. M. M. pourront les reconstituer en se reportant aux études antérieurement parues ici (I).

N. D. L. R.

(I) R. M. M., II, 536, 578; IV, 634, 781 ; VI, 235; IX, 144; X, 494, 542, 556 ; XI, 54, 97, 113,260; XII, 11, 262, 664 ; XIII, 394.



Pendant de nombreux siècles, le territoire de l’Azerbaïdjan du Caucase contenu dans les limites suivantes : la mer Caspienne à l’est, la Perse au sud, la Turquie et la Géorgie à l’ouest et les chaînes principales des montagnes du Caucase au nord, renfermait plusieurs kahnats indépendants, notamment ceux de Guendjè, d’Érivan, de Nakhitchévan, de Karabagh, de Chéki, de Chirvan, du Talych, de Bakou, de Kouba, etc... qui étaient administrés héréditairement par des khans souverains. L’ensemble des pouvoirs législatifs judiciaire et administratif, y compris le droit de battre monnaie, ainsi que tout le domaine des relations extérieures, se concentrait dans les mains des khans. En un mot, ces khanats étaient souverains dans leur vie intérieure aussi bien que dans leurs relations avec les puissances voisines. Nous voyons ainsi nos khans indépendants de l’Azerbaïdjan entrer, il y a déjà quatre siècles, en relations commerciales avec des étrangers... Un souverain de Chirvan, Abdullah Khan, fonda même dans la capitale de son khanat, à Chémakha, une factorerie, qui se trouvait sous la protection personnelle du khan. De même en I562 (969 de l’Hégire) ce même Abdullah Khan, agissant comme souverain, envoya auprès du tzar russe, Ivan IV le Terrible, son ambassadeur en compagnie de l’Anglais Jenkinson qui retournait en Europe. Comme on le sait, des relations commerciales entre Moscou et l’Angleterre avaient alors été établies sur l’initiative du capitaine anglais Richard Chancellor, par la mer Blanche.
Si les événements avaient suivi leur cours normal, ces khanats auraient, selon toute probabilité, conservé leur indépendance jusqu’à nos jours, ne changeant que la forme de leur gouvernement. Mais l’intervention brutale des armées russes a mis fin à leur indépendance.

La lutte de ces souverains contre le colosse septentrional fut acharnée et glorieuse ; mais malheureusement elle était inégale, et l’Azerbaïdjan, d’ailleurs, devait en même temps se défendre contre les Persans. L’histoire de cette lutte est pleine de traits de vaillance du peuple azerbaïdjani. C’est ainsi que le khan de Chéki triompha même de Nadir-Chah, le vainqueur des Indes. La capitale de Karabagh, Choucha, se défendit avec tant de bravoure contre l’envahisseur persan, Agha Mohammed Chah Kadjar, que celui-ci fut obligé de lever le siège et d’aller chercher la victoire en Géorgie. Djavad Khan, souverain de Guendjé, a montré la plus grande valeur dans sa lutte avec les Russes. Lorsque le commandant en chef de l’armée russe, prince Tsitsianoff, l’un des premiers artisans de l’impérialisme russe, se mit à la tête de troupes nombreuses pour faire la conquête des khanats de la Transcaucasie, et qu’il passa du côté de Tiflis sur le territoire de l’Azerbaïdjan, le premier khanat qui se trouva sur son chemin fut celui de Guendjè, peuplé par les Turcs azerbaïdjanis de la tribu des Kadjars.

Les Kadjars sont de la tribu des Turcs de Djalaïr, comprenant deux cent mille familles, qui furent transférés en Perse par Houlagou Khan, petit-fils de Tchinguiz-Khan ; puis Timour (Tamerlan) amena les Turcs Kadjars dans la Transcaucasie, au nombre de 50 000 familles et les établit à Érivan, à Guendjè et en Karabagh. Plusieurs d’entre eux exercèrent la souveraineté; on trouve parmi ...

 

 




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