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Le Dossier Arménien


Éditeur : Triangle Date & Lieu : 1984, Paris
Préface : Pages : 364
Traduction : ISBN : 2.85809 1315
Langue : FrançaisFormat : 165x240 mm
Code FIKP : Liv. Fra. Gur. Dos. 1488Thème : Général

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Le Dossier Arménien

Le Dossier Arménien

Kâmuran Gürün

Triangle


En France, les ouvrages sur la «question arménienne» sont de plus en plus nombreux. On en trouve de toutes sortes, qu'ils s’apparentent au roman d’aventure ou à la thèse universitaire. Mais toute cette production ne reflète que le point de vue arménien.
Ce livre est le premier à présenter la version turque.

Son auteur est un membre de la Société Turque d'Histoire.

Basé sur des documents d’archives non seulement turques, mais aussi françaises, anglaises, américaines ou allemandes, il fait le point sur une affaire qui n’a jamais été traitée jusqu’à ce jour que sur le mode passionnel.

Il éclaircit les faits historiques, les replace dans leur contexte et révèle le dessous des cartes.

En cela, c’est un vrai dossier.



PRÉFACE


Certains pourraient se demander pourquoi ce livre porte le titre de “Le dossier Arménien”. En voici la raison:

Aucun gouvernement ne s’est jamais préoccupé de ce qu’on appelle — selon l’expression qui s’est petit à petit installée dans l’historiographie à partir de la seconde moitié du XIXe siècle — le “problème arménien”. Ce sujet n’a été érigé en “problème” que par l’Eglise arménienne, les organisations terroristes et les quelques Arméniens appartenant auxdites organisations.
Par contre dans toutes les chancelleries des grands Etats, il existe un “dossier arménien”. De temps à autre, parce qu’ils y trouvaient leur intérêt, les dirigeants de ces Etats ont jugé bon d’ouvrir ce dossier et quand la nécessité ne s’en est plus fait sentir, ils l’ont refermé et rangé dans le placard.

Les communautés arméniennes, pour leur part, ont cru qu’elles se trouvaient en présence d’un véritable problème et n’ont pas compris, ou n’ont pas voulu comprendre, que chaque incident ne faisait qu’ajouter une nouvelle page à ce dossier et que leurs rêves ne pouvaient exister que dans leur imagination.

Lorsque la Russie occupa les provinces orientales de la Turquie, elle interdit aux Arméniens de s’y établir et déclara à cette occasion qu’il n’existait pas plus de problème arménien que de problème yakoute. De même, lorsque la France occupa la Cilicie, elle déclara qu’il ne pouvait être question d’une Arménie autonome dans cette région et interdit aux Arméniens d’y pénétrer.
Ces événements sont enregistrés dans les dossiers des chancelleries, mais leur véritable place serait plutôt dans la mémoire des communautés arméniennes.

Ce sont ces dossiers que nous allons examiner. C’est pour cette raison que notre livre porte le titre de “Le dossier Arménien”.

Kâmuran Gürün
Ankara, 28 juillet 1982



Introduction

On ne saurait imaginer une nation ou une communauté dépourvues d’histoire. Un groupe humain dont les membres appartiennent à une même race, ont une même origine, une même religion, une même langue et ont vécu, ne serait-ce que quelque temps dans une même région, constitue une communauté qui de toute évidence a son histoire propre.

Une communauté possède une histoire même si elle ne s’est jamais constituée sous la forme d’un Etat, même si elle est assujettie à une nation plus puissante ou morcelée entre plusieurs pays. Car l’histoire est la somme des divers événements survenus dans la destinée d’une communauté, c’est-à-dire d’un groupe possédant les traits énumérés ci-haut.

Il est assurément normal que les ressortissants d’une nation ou d’une communauté écrivent leur propre histoire. Cependant pour ce faire, il faut d’abord qu’ils possèdent une écriture. Bien que celle-ci ait été inventée par les hommes il y a fort longtemps, on constate qu’elle est apparue chez divers peuples à des stades différents de leur développement. Par conséquent, ceux qui veulent acquérir des notions sur la période de leur histoire non consignées dans leur propre langue, peuvent en retrouver des éléments dans l’histoire des peuples voisins, dotés d’une écriture avant eux.

Il est, certes, tout à fait naturel qu’ayant acquis l’accès à l’écriture, une communauté relate son histoire en sa propre langue après l’avoir étudiée à travers des sources étrangères. Mais si ceux qui le font se permettent d’ajouter au récit leurs propres inventions ou de s’approprier l’histoire d’autres peuples, les théories qu’ils auraient ainsi avancées ne seront jamais universellement admises et ne se propageront guère hors d’un cercle très étroit.

Si pour écrire des livres d’histoire il faut, en premier lieu, posséder une langue écrite, la seconde condition pour élaborer une œuvre historique digne de ce nom c’est d’être objectif et de se placer sur un terrain scientifique. Sinon l'“histoire” en question ne sera pas une œuvre historique mais de la mythologie, une légende ou un conte.

On ne saurait dire que les historiens — surtout ceux du Moyen Age — aient été parfaitement objectifs en relatant l’histoire de leur pays. Par conséquent, si on veut examiner de façon objective les événements qui se sont déroulés au cours d’une période éloignée, il est indispensable d’étudier l’histoire de divers autres Etats ayant eu un rapport avec les événements en question et d’établir une “moyenne” plausible entre les diverses versions.




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