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Temporalites dans l’Oeuvre Cinematographique de Yilmaz Güney


Éditeur : Université Paris VII Date & Lieu : 1989, Paris
Préface : Pages : 146
Traduction : ISBN :
Langue : FrançaisFormat : 210x295 mm
Code FIKP : Liv. Fre. Pen. Tem. N°1545Thème : Art

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Temporalites dans l’Oeuvre Cinematographique de Yilmaz Güney

Temporalites dans l’Oeuvre Cinematographique de Yilmaz Güney

Jean-Marc Pennet

Université Paris VII


De nombreux problèmes de recherche conditionnent ce travail. La barrière linguistique est un obstacle de taille. La bibliographie quand elle existe, est rarement traduite. Une grande partie de celle-ci est constituée d'écrits journalistiques mettant en avant le parler, l'interview et non l'analyse de fond : il y a cependant l'exception de Basuteu, critique de cinéma turc vivant en France. A partir d'un certain nombre d'articles de revues de cinéma dépouillées, on finit toujours par retrouver les memes éléments, notons qu'une grande partie des articles, des interviews, concerne "Yol", Palme d'Or à Cannes en 1982. Les informations sont peu sûres, souvent contradictoires: les mêmes chiffres sont repris d'un article à l'autre.

Les données restent incomplètes pour de nombreux points. Bien évidemment, il n'existe aucun ouvrage sur l'oeuvre de Y. Güney. En Turquie, depuis 1986, une dizaine de livres ont été édités (1): ce sont des témoignages peu satisfaisants semble-t-il sur ...


Changer la société, disait Marx changer la vie, disait Rimbaud :
les deux programmes n'en font qu'un.
A. Breton


INTRODUCTION

A partir des années 60-70, un cinéma nouveau né de pays neufs (le Tiers-Monde) apparaît face aux traditionnelles écoles cinématographiques américaines, soviétiques, européennes ou japonaises. Le cinéma turc est de ceux-là avec, sans conte te, l'une des plus grandes figures de ce nouveau cinéma (en tous les cas, le plus grand cinéaste turc), Y. Güney (1937-1984).

Le cinéma est le témoin de l'histoire qui se fait. Comme nombre de sociétés du Tiers-Monde, la Turquie connaît une situation d'interrègne où une civilisation traditionnelle et rurale disparaît pendant qu'une civilisation nouvelle urbaine et occidentale naît dans la douleur : dans le même présent coexistent des étapes sociales très différentes. Le matériel cinématographique porte les traces de ces différentes nappes de temps constituantes d'une société en mouvement. A première vue, le cinéma semble saisir de la réalité sociale, culturelle et politique ce qui est changeant et "superficiel" et rend plus malaisément compte de ce qui est profond et permanent. Le deuxième chapitre de ce mémoire (le temps du mythe), tout en soulignant l'opposition du couple ville-modernisme au couple nature-tradition, révélera des zones de pensée dont le cinéaste n'a pas conscience.

Une période de rupture entre des types d'organisations sociales est une période "prométhéenne", qui permet l'émergence de l'individu. La violence qui accompagne cette rupture amène l'individu à bouger, à vouloir faire bouger. Etre cinéaste, c'est prendre conscience, c'est s'exprimer, c'est communiquer cette conscience. Ce type de société favorise l'engagement.

Le chapitre "Le temps du politique" décrira cette idée centrale chez Güney d'un cinéma qui se veut acteur, veut boulverser le présent d'une société. L'engagement se fonde sur la conscience de l'histoire, la croyance dans les possibilités d'intervention de l'homme dans l’histoire.

Le chapitre "Le temps de l'histoire" révélera une conception de l'histoire chez Güney en opposition à une histoire officielle.
De telles réflexions introduisent obligatoirement une réflexion sur ce qui sépare les différentes temporalités, les ruptures. Comment s'inscrivent-elles à l'image?

Quelle est la place de l'individu dans son quotidien, dans sa psychologie, dans le cinéma de Güney, dans une société en rupture? Le dernier chapitre, "Le temps de la rupture", répondra à ses différentes questions.



Le film son environnement

I. Des sources indigentes


De nombreux problèmes de recherche conditionnent ce travail. La barrière linguistique est un obstacle de taille. La bibliographie quand elle existe, est rarement traduite. Une grande partie de celle-ci est constituée d'écrits journalistiques mettant en avant le parler, l'interview et non l'analyse de fond : il y a cependant l'exception de Basuteu, critique de cinéma turc vivant en France. A partir d'un certain nombre d'articles de revues de cinéma dépouillées, on finit toujours par retrouver les memes éléments, notons qu'une grande partie des articles, des interviews, concerne "Yol", Palme d'Or à Cannes en 1982. Les informations sont peu sûres, souvent contradictoires: les mêmes chiffres sont repris d'un article à l'autre.

Les données restent incomplètes pour de nombreux points. Bien évidemment, il n'existe aucun ouvrage sur l'oeuvre de Y. Güney. En Turquie, depuis 1986, une dizaine de livres ont été édités (1): ce sont des témoignages peu satisfaisants semble-t-il sur la vie de Y. Güney. Plus grave, si de nombreux ouvrages en français s'intéressent aux cinémas de l'Afrique Noire du Monde Arabe, rien n'a été édité sur le cinéma turc. Aucun document de qualité n'existe pour brosser un tableau sérieux de ce cinéma ou pour établir simplement une chronologie sûre.

Les sources sont toujours très critiques: de nombreux articles ont été rédigés par des turcs ou kurdes réfugiés en France. On a toujours une vision excentrée, très politisée.



(1) Trent six information de sources orales, 11 m'a été imposible d’en connaitre d’avantage.

 




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