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Etudes Kurdes N° X


Éditeur : FIKP & l'Harmattan Date & Lieu : 2009, Paris
Préface : Pages : 200
Traduction : ISBN : 978-2-296-08073-7
Langue : FrançaisFormat : 135x210 mm
Thème : Histoire

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Etudes Kurdes N° X


LES KURDES : Écrire l’histoire d’un peuple aux temps pré-modernes
N° 10 - octobre 2009

Sous la direction de Boris James

Qu’y a-t-il de commun entre la Bagdad du XIème siècle et l’Anatolie de l’Est à la période ottomane ? C’est la présence
d’un mot : « Kurd ». Pour désigner un groupe ? Un peuple en devenir ? Un territoire ? Les études que nous proposons ici sont représentatives du regain d’intérêt pour les études kurdes.

Toutes portent sur les Kurdes à des périodes et dans des régions diverses. Elles s’appuient sur des sources de natures et de langues (arabe, persan, turc ottoman…) variées. Elles présentent les deux contextes et les deux types d’insertions sociales des Kurdes dans le Moyen-Orient pré-moderne : Le premier, le contexte rural et tribal, celui qui est le plus présent dans les esprits. Kurdes pastoraux transhumants, paysans, montagnards et guerriers tribaux ont longtemps peuplé l’imaginaire orientaliste. Mais des Kurdes étaient aussi présents dans les grandes métropoles de l’Orient dès le Xème siècle. Kurdes artisans, commerçants, ulémas, soldats des armées régulières sont les oubliés d’une certaine historiographie. Ces quelques articles leur rendent justice.

Ce numéro propose une série de points de vue, un florilège des possibles pour les études kurdes à la période pré-moderne.


Département des Etudes Médiévales, Modernes et Arabes

Que l’on conteste cet état de fait ou non, l’évocation des Kurdes, même pour la période médiévale, a acquis de nos jours une résonance politique réelle. C’est une évidence et pourtant il serait incomplet de traiter la question et les controverses qui la traversent sans présenter les enjeux idéologiques assumés ou inconscients de cette étude. Au dix-neuvième siècle et sur toute la durée du vingtième siècle, l’histoire des Kurdes a suscité l’intérêt d’orientalistes. De Vladimir Minorsky à Basile Nikitine en passant par Cecil J. Edmonds 1 ou Godffrey Rolles Driver 2, sans oublier Thomas Bois 3, les Kurdes ont fait l’objet d’études « encyclopédiques » et transhistoriques. Alliant histoire, onomastique, linguistique, anthropométrie, ces auteurs de grand talent ont tenté de considérer le fait kurde dans son « essence ». C’est alors qu’apparut le terme « kurdologie », qui désignait toute étude ayant pour objet les Kurdes, à quelque époque que ce soit. Un mélange d’affection, de fascination et l’opportunisme diplomatique 4 contribua à la naissance de la « discipline ». À de rares exceptions près, leurs travaux étaient teintés d’une forte coloration culturaliste voire raciste (Ernest Chantre5). La participation de l’orientalisme, et en particulier de l’orientalisme français à la construction de l’identité nationale kurde, ou du continuumkurde n’est plus à prouver 6. En dehors du problème qu’il y a à faire d’un objet d’étude une discipline, il va sans dire que l’a priori substantialiste des « kurdologues » ne permet pas une appréhension parfaite des configurations sociales et politiques dans lesquelles évoluaient les Kurdes au MoyenÂge ou à la période ottomane. La kurdologie contribua à l’émergence d’une histoire romantique ou folklorique des Kurdes. Il est certain que la « question kurde » a toujours sous-tendu ce type de production scientifique.

Depuis les travaux d’Edward Said, on a tendance à considérer ce genre de productions comme extrêmement suspectes : sont-elles racistes en fixant une image stéréotypée des Kurdes ? Sont-elles pro-kurdes et tendent-elles à contribuer à l’établissement d’un nationalisme kurde fort et unifié propice aux projets stratégiques des grandes puissances ? La réalité semble bien plus compliquée. On ne peut réduire l’identité et l’imaginaire national kurde aujourd’hui à ce que ces auteurs ont produit, et on ne doit pas considérer la « kurdologie », étant donné sa diversité, comme une simple amicale pluridisciplinaire visant à la constitution ou à l’instrumentalisation du nationalisme kurde. De plus, on peut dire que l’ensemble des productions scientifiques sur les Kurdes sont sous-tendues par le politique et par la « question kurde », qu’elles soient le fait des kurdologues ou non. Ainsi, sans jeter l’anathème sur les travaux des kurdologues, il convient de les considérer comme une étape nécessaire et bénéfique dans la constitution de cet objet d’étude. Une étape à reconnaître et à dépasser.




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